Liban-Sud: le Hezbollah adopterait une nouvelle stratégie de guérilla
Le Hezbollah aurait adopté une nouvelle stratégie de guérilla au Liban-Sud, basée sur de petites cellules, selon Yediot Ahronot. ©Al-Markazia

Le Hezbollah aurait profondément modifié son mode opératoire au Liban-Sud, privilégiant désormais des actions décentralisées menées par de petites cellules, selon une analyse citée par le quotidien israélien, Yediot Ahronot. La milice chercherait notamment à se préparer à d’éventuelles infiltrations, embuscades, attaques de drones explosifs et poses d’engins explosifs contre les forces israéliennes.

Selon des responsables de la défense israélienne cités par Yediot Ahronot, le Hezbollah continue de recueillir des renseignements sur les forces israéliennes, d’étudier leurs méthodes d’intervention et de cartographier leurs positions. L’objectif serait de disposer de petites cellules capables d’opérer de manière autonome en cas de reprise des combats.

Cette nouvelle approche ferait suite à la destruction d’une grande partie des infrastructures de la force Radwan et au recul de la menace d’une offensive de grande ampleur contre la Galilée. Le Hezbollah aurait ainsi abandonné certains de ses plans opérationnels à grande échelle au profit d’une stratégie de guérilla, comparable, selon l’analyse citée par le journal israélien, à celle observée dans la bande de Gaza.

Le plan de désarmement au point mort

Dans le même temps, l’accord-cadre mis en place au Liban-Sud peine à progresser. Celui-ci doit notamment permettre le désarmement du Hezbollah au sud du Litani, le retrait de l’armée israélienne et le transfert de la responsabilité sécuritaire à l’armée libanaise.

Mais selon des responsables israéliens cités par Yediot Ahronot, l’armée libanaise ne remplirait pas les objectifs fixés par Israël. En raison de contraintes juridiques, ses soldats éviteraient notamment de fouiller les habitations et les infrastructures soupçonnées d’être liées au Hezbollah, concentrant leurs opérations sur les espaces ouverts et publics.

Le blocage est également diplomatique. Aucun accord n’aurait encore été trouvé sur l’instance chargée de superviser le travail de l’armée libanaise, les critères qu’elle devra respecter ou les conditions devant être réunies avant un éventuel retrait israélien.

Une proposition évoquée il y a environ deux mois prévoyait que des forces militaires italiennes supervisent le processus. Mais cette option n’a toujours pas été mise en œuvre, rapporte Yediot Ahronot.

Israël redoute une présence prolongée au Liban

Pour Israël, cette impasse présente un double enjeu. Elle lui laisse davantage de temps pour poursuivre ses opérations sur les hauteurs d’Ali el-Taher, où, selon des sources israéliennes citées par Ynet, des dizaines de membres du Hezbollah seraient toujours retranchés.

L’armée israélienne peut également renforcer son dispositif, améliorer ses infrastructures de commandement et poursuivre ses opérations contre les positions et infrastructures du mouvement.

Mais une présence prolongée au Liban-Sud fait également craindre un retour à une période de combats prolongés et meurtriers.

Cette tension s’est notamment manifestée dans la nuit avec le lancement par le Hezbollah de deux drones chargés d’explosifs en direction de forces israéliennes opérant dans le secteur d’Ali Taher. L’un des drones a été intercepté et l’autre s’est écrasé, sans faire de victime, selon Ynet.

L’armée israélienne se prépare à la menace des drones

Face à cette évolution, l’armée israélienne renforce ses préparatifs dans le nord du pays, notamment en prévision de l’hiver. Des exercices, l’ouverture de routes et des entraînements au combat dans des conditions météorologiques difficiles sont prévus.

La menace des drones explosifs constitue désormais l’une des principales préoccupations tactiques. «Nous serons mieux préparés lors de la prochaine confrontation face à la menace des drones», a déclaré un responsable de la sécurité israélienne à Ynet.

En l’absence d’une solution technologique globale, les soldats sont formés à différentes procédures de protection, au déploiement de filets défensifs et à l’utilisation de moyens d’interception. Plusieurs nouveaux systèmes auraient déjà été déployés sur le terrain.

Pression américaine pour débloquer le processus

Pour sortir l’accord-cadre de l’impasse, Israël chercherait à exercer une pression américaine sur le gouvernement et l’armée libanais. Selon l’évaluation israélienne rapportée par Ynet, l’achèvement de l’opération sur les hauteurs d’Ali el-Taher, combiné aux contacts diplomatiques menés sous médiation américaine, pourrait permettre de relancer les discussions sur une force chargée de superviser l’application de l’accord et sur les critères à respecter.

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