Les familles de centaines de touristes et pèlerins étrangers restent sans nouvelles de leurs proches une semaine après la crue dévastatrice dans l'Himalaya, et nombre d'entre elles sont venues au Népal dans l'espoir d'obtenir des informations sur le sort de «leurs» disparus.

Sanjeev Rai, un Américain de 53 ans, a atterri vendredi à Katmandou après avoir appris la disparition de son épouse, Jiwan Jyoti, partie pour un pèlerinage sur le mont Kailash avec la compagnie Himalayan Glacier.

«Le jour où je suis arrivé, j'ai dit "trouvons un hélicoptère, je vais la chercher"», dit-il à l'AFP devant le quartier général de la police touristique où il est venu se renseigner.

Mais le village anéanti de Timure, où sa femme se trouvait au moment de la catastrophe, est considéré comme dangereux et reste inaccessible.

«J'ai un sentiment de désespoir, ça fait tant de jours...», dit-il. Sa femme, ingénieure chez Intel, avait dit vouloir «s'offrir pour ses cinquante ans un voyage spirituel et une aventure en allant sur le mont Kailash», souligne-t-il.

Le bilan provisoire de la crue gigantesque le 26 août à la frontière entre le Népal et la région chinoise du Tibet provoquée par la chute d'un glacier a atteint 1.225 morts et 4.757 disparus dans les deux pays, alors que l'espoir de retrouver des rescapés s'est presque évaporé.

Selon la police népalaise, 294 étrangers ont été secourus, en grande majorité des Chinois et Indiens.

Identification

La plus grande partie des 583 étrangers toujours portés disparus étaient des pèlerins qui s'étaient longuement préparés pour une randonnée spirituelle sur le mont Kailash, sacré pour les hindouistes et bouddhistes.

Comme l'ascension du sommet est interdite, les croyants en font le tour pendant trois jours sur 52 km.

Un groupe de 77 pèlerins étrangers mené par la fondation Isha, dans lequel se trouvaient 3 Français, ainsi que d'autres Européens, des Nord-Américains et Australiens, a été emporté par la catastrophe.

Des volontaires de l'organisation dont le siège est en Inde assistent une quinzaine de proches venus à Katmandou en quête de réponses. Mais à ce jour, «le statut de tous», y compris trois guides népalais, est «porté disparu», explique l'un des volontaires, Arun Mehta.

«Ils avaient terminé leur pèlerinage (...) et effectuaient les contrôles d'immigration» au poste-frontière chinois de Gyirong, poursuit-il.

«Nous nous rendons à la police népalaise chaque jour pour avoir des informations sur les personnes secourues, des volontaires examinent les photos de restes humains», ajoute le volontaire. D'autres font le tour des hôpitaux.

La police a commencé lundi à prélever des échantillons d'ADN auprès des proches des disparus pour nourrir une base de données destinée à l'identification des corps. Ceux qui ne sont pas venus au Népal pourront envoyer leur profil génétique en ligne.

«Je n'espère plus de survivants», confie Sanjeev Rai, «j'espère que l'ADN permettra de l'identifier. Je veux pouvoir faire mon deuil».

«D'abord les hôpitaux»

«Beaucoup de gens viennent, des Indiens, des Chinois», d'autres nationalités, en quête d'informations, dit Prem Prasad Bhattarai de l'Agence du tourisme népalaise, qui a mis en place un bureau d'aide pour les étrangers.

Depuis Iakoutsk, dans l'Extrême-Orient russe, le frère du musicien Kirill Tretiakov, porté disparu, a indiqué à l'AFP se rendre au Népal cette semaine.

«Pour le moment, nous n'avons aucune information sur Kirill», indique Dmitri Tretiakov. «Nous allons commencer les recherches par les hôpitaux. Peu importe le temps que cela prendra, nous continuerons à le chercher!»

Le jeune homme faisait partie d'un groupe de plusieurs dizaines d'Ukrainiens et Russes, dont de nombreux bouddhistes, emmené par l'agence Tashi Delek, selon les données officielles népalaises.

L'organisateur de treks Fishtail est, lui, sans nouvelles d'un groupe de 20 pèlerins, en majorité Malaisiens, accompagné de leurs guides et chauffeurs.

Les collaborateurs de l'agence à Katmandou sont sous le choc. «Personne n'a pu s'échapper, c'était si soudain», dit à l'AFP Nimsang Gurung, commercial de l'agence.

«Le secteur du tourisme va souffrir de cette catastrophe», anticipe Sunil Sharma, en charge des relations publiques de l'Agence du tourisme, notant que le Népal a un besoin crucial des touristes pour son économie.

AFP

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