Deux Iraniennes et une Hongroise en lice pour le prix Havel des droits de l'homme
Deux Iraniennes, dont l'avocate Nasrin Sotoudeh, parmi les finalistes du prix Václav-Havel. ©Conseil de l'Europe

Deux Iraniennes, dont l'avocate Nasrin Sotoudeh, ainsi qu'une militante hongroise, sont en lice pour le prix des droits de l'homme Václav Havel, a annoncé mardi le Conseil de l'Europe, qui désignera la lauréate fin septembre.

Le prix, qui porte le nom de l'ancien dissident puis président tchèque, est remis depuis 2013 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui réunit 46 pays et sert de vigie de la démocratie et des droits de l'homme sur le continent. La Russie en a été exclue après son invasion de l'Ukraine en 2022.

Parmi les finalistes figure l'avocate Nasrin Sotoudeh, lauréate en 2012 du prix Sakharov pour la liberté de l'esprit du Parlement européen.

Mme Sotoudeh a défendu de nombreux dissidents, notamment des femmes qui refusaient de porter le voile imposé aux Iraniennes en vertu d'un strict code vestimentaire. En mai, elle a été libérée sous caution par les autorités iraniennes, un mois après son arrestation.

Pour le Conseil de l'Europe, «son engagement inébranlable en faveur de la justice, même face à une répression étatique sévère, a fait d'elle un symbole de courage et de résilience pour les défenseurs des droits humains et les mouvements pro-démocratiques en Iran et en dehors du pays».

Masih Alinejad, une journaliste et opposante iranienne basée aux États-Unis, a également été sélectionnée.

Après avoir quitté l'Iran en 2009, Mme Alinejad s'est fait connaître en 2014 en lançant sur les réseaux sociaux le mouvement «MyStealthyFreedom» («ma liberté furtive»), encourageant les femmes iraniennes à protester contre l'obligation du port du voile.

Mme Alinejad «a contribué à attirer l'attention mondiale sur la répression dont sont victimes les femmes et les journalistes en Iran, soulignant le rôle crucial des voix indépendantes dans la défense des droits humains et des libertés démocratiques», a salué le Conseil de l'Europe.

La troisième personne en lice est Marta Pardavi, coprésidente de la branche hongroise du comité Helsinki de défense des droits de l'homme, un groupe qui fournit une aide juridique gratuite aux demandeurs d'asile.

Pour le Conseil de l'Europe, cette avocate hongroise a contribué «à protéger des personnes vulnérables aux frontières de l'Europe et à faire respecter l'État de droit face à des pressions croissantes».

Le prix Vaclav Havel, d'un montant de 60 000 euros, sera décerné le 28 septembre à Strasbourg.

L'an dernier, le prix avait été remis au journaliste ukrainien Maxime Boutkevitch, libéré en 2024 après avoir été capturé par les forces russes.

AFP

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