Nouvelles frappes américaines en Iran, riposte iranienne en Jordanie et aux Émirats
Cette image satellite, fournie gracieusement par Maxar Technologies le 27 juillet 2020, montre une vue panoramique de la partie nord du détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale pour un cinquième de la production mondiale de pétrole transitant par le golfe, avec les îles d'Ormuz (à droite), Larak (au centre) et Qeshm (à gauche). ©Maxar Technologies / AFP

Les hostilités entre les États-Unis et l’Iran ont repris de l’intensité dimanche, après les premières frappes américaines contre le territoire iranien depuis près d’un mois. Washington a ciblé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz, avant que Téhéran n’annonce des attaques contre des bases américaines en Jordanie et une base aux Émirats arabes unis.

Ces nouveaux affrontements interviennent alors que les opérations militaires avaient nettement diminué ces dernières semaines, Washington privilégiant désormais la pression économique contre Téhéran.

Washington frappe Larak

Un responsable américain a confirmé que les forces américaines avaient frappé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak. Selon Washington, des membres des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) avaient été observés en train de préparer le lancement de roquettes capables de disperser des mines marines dans le détroit d’Ormuz.

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé que l’attaque américaine avait fait plusieurs morts et blessés parmi leurs forces et des civils, promettant une réponse de Téhéran. Selon l’agence Tasnim, l’opération américaine aurait été menée par des drones. Les Gardiens ont également affirmé avoir abattu un drone américain MQ-9 au-dessus du détroit, une information qui n’a pas été confirmée par Washington.

Des missiles iraniens vers la Jordanie

En représailles, les Gardiens de la Révolution ont annoncé lundi avoir lancé des missiles balistiques et des drones contre deux bases américaines en Jordanie: King Hussein et al-Azraq.

Selon les médias d’État iraniens, les frappes ont visé des infrastructures techniques et de maintenance ainsi que des zones où étaient stationnés des avions de combat américains, les Gardiens faisant état de «lourds dégâts».

La Jordanie a toutefois indiqué que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté huit missiles ayant pénétré dans son espace aérien. Aucun bilan de victimes ni de dégâts importants n’a été communiqué par les autorités jordaniennes.

Une base américaine visée aux Émirats

L’Iran a également affirmé lundi avoir mené une attaque de drones contre la base d’Al Minhad, aux Émirats arabes unis, où sont stationnées des forces américaines.

Selon l’armée iranienne, les Gardiens de la Révolution ont ciblé des secteurs de la base abritant des hélicoptères et des militaires américains, à l’aide de dizaines de drones. Cette opération a également été présentée comme une riposte aux frappes américaines sur Larak.

Le détroit d’Ormuz au centre de l’escalade

Le détroit d’Ormuz reste au cœur de la confrontation. Avant le début de la guerre, près d’un cinquième du pétrole mondial y transitait. Le passage est fortement perturbé depuis le début du conflit et les États-Unis ont multiplié les opérations visant à sécuriser les routes maritimes.

Washington affirme notamment avoir achevé la semaine dernière le déminage des voies de navigation internationales du détroit. Le président Donald Trump avait prévenu que tout navire ou bateau tentant de poser de nouvelles mines serait détruit.

Les frappes américaines sur Larak ont précisément été justifiées par la volonté d’empêcher les forces iraniennes de déployer de nouvelles mines dans cette voie maritime stratégique.

Un navire prend feu après avoir heurté des mines

Dans ce contexte, l’Iran a affirmé lundi qu’un navire avait heurté deux mines navales dans le détroit d’Ormuz alors qu’il tentait de suivre une route qualifiée d’«illégale» par Téhéran.

La Marine des Gardiens de la Révolution, citée par l’agence officielle Irna, a indiqué qu’un superpétrolier avait été pris dans un important incendie après avoir heurté les mines et qu’il était désormais immobilisé.

Cette affirmation intervient alors que Washington affirme avoir mené des opérations de déminage dans les voies internationales du détroit. Les autorités américaines ont également assuré surveiller étroitement la zone afin de garantir la circulation du commerce maritime.

Trump évoque également l’île de Kharg

Quelques heures après les frappes sur Larak, Donald Trump a affirmé sur les réseaux sociaux que l’île iranienne de Kharg était en train d’être «réduite en miettes», sans fournir davantage de détails. La Maison-Blanche et le département américain de la Défense n’avaient pas immédiatement commenté cette déclaration.

L’île de Kharg constitue un point essentiel pour les exportations pétrolières iraniennes. Avant la guerre, elle assurait une grande partie des exportations de brut du pays.

Ces nouveaux échanges de frappes interviennent alors que le conflit entre Washington et Téhéran a franchi le cap des six mois. Les États-Unis et Israël avaient lancé leurs premières frappes contre l’Iran le 28 février, entraînant des ripostes iraniennes contre Israël et des pays du Golfe accueillant des forces américaines.

Malgré plusieurs initiatives diplomatiques, notamment sous la médiation du Pakistan et du Qatar, les efforts visant à mettre fin au conflit n’ont jusqu’à présent pas permis de parvenir à un accord définitif. Après un cessez-le-feu conclu en avril et la signature en juin d’un mémorandum d’entente en vue d’un accord de paix, Washington a depuis renforcé sa pression économique sur Téhéran.

Pétrole en hausse

Après l'annonce des nouvelles frappes américaines, les cours de l'or noir sont repartis en hausse lundi, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

«Agression»

«Nous ne cherchons pas la guerre», a assuré le président iranien Massoud Pezeshkian. «Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés», a-t-il ajouté, cité par les médias d'État iraniens avant de s'envoler pour le Kirghizstan.

Il doit y participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où sont attendus également les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, ainsi que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

Avec AFP

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