Léon XIV permet aux synodes orientaux de destituer leur patriarche
Le pape Léon XIV après la prière de l'Angélus, depuis l'entrée du Palais apostolique de la Piazza della Libertà (place de la Liberté), à la résidence d'été du pape à Castel Gandolfo, le 30 août 2026. ©ALBERTO PIZZOLI / AFP

Le pape Léon XIV a instauré une procédure permettant aux synodes des Églises catholiques orientales de destituer leur patriarche en cas de manquements particulièrement graves, une réforme qui concerne notamment les Églises maronite et grec-catholique. Le motu proprio Mutua Concordia, publié samedi 29 août et entré immédiatement en vigueur, modifie les canons 106 et 126 du Code des canons des Églises orientales.

La mesure concerne les six Églises catholiques orientales patriarcales : maronite, grecque-melkite, syriaque catholique, arménienne catholique, chaldéenne et copte catholique. Le principe est également applicable par analogie aux Églises archiépiscopales majeures, notamment ukrainienne, syro-malabare, syro-malankare et roumaine.

Léon XIV explique vouloir combler un vide juridique lorsqu’un conflit entre un patriarche et son synode provoque une atteinte « grave et irrémédiable » à la communion de l’Église. Le pape rappelle que le synode, qui élit lui-même le patriarche, doit pouvoir lui demander de rendre compte de son action.

Concrètement, si le patriarche empêche notamment la convocation régulière du synode, l’évêque ayant la plus grande ancienneté d’ordination épiscopale et disposant du droit de vote pourra le convoquer. S’il ne le fait pas, cette faculté passe aux évêques suivants par ordre d’ancienneté.

Pour un motif grave reconnu par le synode, celui-ci pourra d’abord demander au patriarche de démissionner. En cas de refus, le synode élira un nouveau président chargé de soumettre sa destitution à un vote secret nécessitant une majorité d’au moins deux tiers. Le patriarche devra bénéficier d’un droit plein à se défendre devant les évêques.

La décision ne sera toutefois pas automatique : le pape devra être informé dans les meilleurs délais et donner son assentiment à la destitution pour que le siège patriarcal devienne vacant. Léon XIV maintient ainsi la compétence finale du pontife romain tout en renforçant considérablement l’autonomie des synodes orientaux.

Selon plusieurs médias qui suivent l’actualité du Saint-Siège, cette réforme intervient après plusieurs situations de blocage entre patriarches et synodes, qui nécessitaient jusqu’ici une intervention directe de Rome.
 

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