Les autorités de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, ont appelé jeudi les habitants à évacuer face au danger des frappes russes qui s'intensifient et risquent de laisser la ville sans électricité ni chauffage avant l'hiver.
«Je m'adresse encore une fois aux habitants de Kherson, en particulier aux familles avec enfants et aux personnes âgées: si vous en avez la possibilité (...) partez, je vous en prie!», a déclaré sur Telegram le gouverneur régional Oleksandre Prokoudine.
Cet avertissement a été lancé alors que l'Ukraine manque de munitions pour faire face à des bombardements russes de plus en plus fréquents sur tout son territoire, au point que Kiev passe encore la plus grande partie de la journée de jeudi sous alerte aérienne.
«L'ennemi intensifie chaque jour ses attaques contre les infrastructures essentielles de la région», a constaté M. Prokoudine, faisant état d'une «situation sécuritaire extrêmement difficile».
Selon lui, les frappes russes sont menées de manière croissante avec des drones à réaction et des bombes aériennes guidées, impossibles à intercepter.
Il a évoqué en particulier des «dégâts très graves» subis par une centrale de chauffage urbain dans la nuit de mercredi à jeudi: «Kherson peut se retrouver sans électricité ni chauffage, non pas pour des heures ou des jours, mais pour une longue période».
La ville de Kherson qui comptait près de 280.000 habitants avant l'invasion russe en février 2022, est la seule capitale régionale à avoir été occupée par la Russie au début de la guerre.
Elle a ensuite été libérée avec une partie de sa région par l'armée ukrainienne en novembre de la même année mais se trouve de facto depuis sur la ligne de front.
Vendredi matin, une nouvelle frappe de drone russe y a tué un homme de 61 ans, tandis qu'une série d'attaques a fait deux morts dans la région voisine de Dnipropetrovsk, selon les autorités locales.
L'hiver dernier, l'armée russe avait frappé à répétition les centrales électriques ukrainiennes, plongeant par moments des millions de personnes dans le froid et le noir.
Or, avant même la chute des températures de l'automne, les autorités redoutent un scénario encore pire: début août, le président Volodymyr Zelensky a prévenu que l'Ukraine n'avait «quasiment plus aucune centrale thermique intacte».
Attaques répétées à Kiev
La Russie et l'Ukraine font monter en puissance depuis plusieurs mois leurs frappes à longue portée, visant de plus en plus souvent des infrastructures civiles telles que des entrepôts logistiques et des sites pétroliers et portuaires.
Ces attaques font un nombre croissant de victimes civiles.
À distance du front, Kiev a été particulièrement visée cet été par les attaques russes, qui deviennent fréquentes y compris dans la journée.
Jeudi seulement, la capitale a passé au total près de 15 heures sous alerte aérienne en raison d'attaques répétées aux drones, selon les autorités.
Cela «montre comment la Russie utilise ses armes pour perturber la vie civile», a réagi le ministère ukrainien des Affaires étrangères, avertissant que Moscou continuait «d'accroître sa capacité à faire la guerre».
Face aux bombardements russes, Volodymyr Zelensky ne cesse de plaider auprès de ses alliés pour obtenir de nouveaux moyens de défense antiaérienne.
Si l'Ukraine a reçu ces derniers jours de nouvelles promesses d'aide militaire des Européens, dont la France, elle dépend surtout de systèmes avancés américains Patriot pour protéger son espace aérien.
Or les livraisons de ces missiles ont fortement diminué alors que les stocks des États-Unis ont fondu en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Quatre ans et demi après l'invasion russe à grande échelle en Ukraine, les négociations, un temps engagées sous médiation américaine pour mettre fin au conflit, sont dans l'impasse et le front ne bouge que très lentement.
AFP



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