Droits de douane: le Canada envoie un signal positif à Washington
Cette combinaison de photos créée le 25 août 2026 montre (G/D) le président américain Donald Trump à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, le 21 août 2026, et le Premier ministre canadien Mark Carney à Lévis, au Québec, au Canada, le 24 août 2026. ©SAUL LOEB / AFP

Le gouvernement canadien a dit jeudi attendre des propositions «constructives» de Washington pouvant permettre de reprendre les discussions commerciales et affirmé que la Maison Blanche avait fait évoluer sa position sur la question du français.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a rompu vendredi soir les négociations commerciales avec Washington face aux conditions de la Maison Blanche, jugées «injustes». Résultat, de nouvelles surtaxes ciblant le Canada sont entrées en vigueur samedi et Ottawa a riposté avec des contre-mesures devant être effectives le 8 septembre.

Mark Carney a notamment justifié son refus de signer un accord par les conditions posées par Washington sur la langue française, sujet politiquement sensible au Canada.

Selon lui, le projet d'accord réduisait la capacité des Canadiens à accéder à du contenu francophone en ligne, via les algorithmes («découvrabilité»), ou remettait en cause l'obligation d'étiquetage bilingue des produits vendus au Canada. Donald Trump a nié, affirmant mardi que c'était un «mensonge».

Dans un message publié sur son compte X, le ministre canadien en charge des relations entre les deux pays, Dominic LeBlanc, a affirmé jeudi «se réjouir que les États-Unis reviennent désormais sur leurs positions concernant la découvrabilité et l'étiquetage et qu'ils confirment que les mesures visant à promouvoir la langue française et la culture canadienne ne feront pas l'objet de futures mesures commerciales».

«Nous attendons avec intérêt de nouvelles précisions constructives de la part des États-Unis concernant leurs autres positions, ce qui ouvrirait la voie à un accord commercial mutuellement avantageux et respectueux de la souveraineté canadienne», a-t-il ajouté.

Jamais «une ligne rouge» pour Greer

Ces déclarations interviennent après la diffusion mercredi d'un entretien avec le représentant de la Maison Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, par la chaîne publique canadienne CBC.

Il a notamment assuré que la question du français n'avait jamais été une «ligne rouge» pour Washington pendant les négociations. «Cela a été présenté dans la presse canadienne comme quelque chose d'important sur lequel nous ne lâchions pas, c'est absolument faux», a-t-il déclaré.

«Notre vision est que l'on doit laisser le capitalisme faire son œuvre et les gens choisir (...) Mais nous comprenons pourquoi vous voulez avoir de la +découvrabilité+ de contenus francophones. On en a parlé mais nous avons fait preuve de beaucoup de flexibilité. Nous n'aurions jamais remis en cause un bon accord pour un sujet de la sorte», a-t-il poursuivi.

Ottawa a par ailleurs annoncé mercredi soir avoir procédé à un «ajustement ciblé» de sa riposte douanière en retirant le poisson et les crustacés de la liste des produits américains visés afin d'éviter que cela ne touche des entreprises canadiennes les utilisant.

«Nous travaillons continuellement avec les industries canadiennes pour évaluer l’efficacité de ces mesures» et «après avoir reçu certains retours, nous avons apporté des ajustements ciblés afin de protéger» les secteurs concernés «contre des dommages économiques plus vastes», a indiqué le ministère des Finances.

Le ministère assure toutefois que le montant de l'ensemble des mesures de représailles canadiennes continuera de correspondre au «dollar près» à celui des droits de douane américains touchant environ 20 milliards de dollars de produits canadiens.

AFP

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