Le patriarche maronite, Béchara Boutros Raï, a insisté dimanche, lors de son homélie à Dimane, sur la nécessité que l’État soit l’unique détenteur de la souveraineté et de la décision sur l’ensemble du territoire libanais.
«Le pays ne peut être régi par deux décisions, l’État ne peut fonctionner avec des pouvoirs parallèles et la souveraineté ne peut être divisée», a-t-il déclaré, soulignant que la souveraineté implique que l’État exerce son autorité sur l’ensemble de son territoire et que la décision soit exclusivement entre les mains des institutions légitimes.
Le patriarche a réaffirmé son soutien à l’armée libanaise dans sa mission nationale. «Nous la voulons forte, capable de protéger les frontières, de consolider la stabilité et d’étendre l’autorité de l’État, car elle est l’armée de la patrie et une institution pour tous les Libanais», a-t-il affirmé.
Évoquant la situation au Liban-Sud, le cardinal Raï a souligné que les habitants de la région «continuent de payer le prix des agressions et de l’escalade». Il a appelé à mettre fin aux attaques et à rétablir la stabilité dans les villages et les habitations afin de permettre aux habitants de rester sur leurs terres en sécurité.
Il a également exprimé l’espoir que les négociations en cours aboutissent à une solution durable qui préserve le Liban et ses droits, mette fin aux agressions, permette le retrait du territoire libanais et conduise au rétablissement de sa pleine souveraineté. Il a précisé que les discussions menées à Rome portent toujours sur ces dossiers et «ne sont pas encore parvenues à la solution souhaitée».
Sur le plan intérieur, le patriarche a dénoncé la multiplication des divergences et des calculs politiques. Le Liban, a-t-il estimé, «est fatigué de trop de paroles et de trop peu d’écoute, de trop de mouvements et de trop peu de direction, ainsi que de la gestion des crises au lieu d’aller à leur essence».
Le cardinal Raï a ajouté que le pays fait face à «beaucoup de dossiers, beaucoup de divergences, beaucoup d’intérêts et beaucoup de voix, alors que ce qui est demandé, c’est le Liban, l’État et l’être humain».
Abordant enfin la question de la justice, il a estimé qu’elle «ne peut devenir une question de point de vue ou un compromis politique», soulignant qu’elle «ne peut être confessionnelle ni sélective et ne peut faire de distinction entre un citoyen et un autre».
Il a appelé à traiter les dossiers nationaux loin des calculs politiques et confessionnels et dans le respect de l’égalité devant la loi. «Il n’y a pas de justice si la balance change selon les personnes, les confessions et les positions, et il n’y a pas d’État si le droit devient soumis aux calculs et aux intérêts particuliers et catégoriels», a-t-il conclu.



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