Depuis la Syrie, le chef de l'armée israélienne assure qu'il ne tolérera aucune menace à la frontière
Le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’exprime lors des funérailles du lieutenant Hadar Goldin, tué pendant la guerre de six semaines à Gaza en 2014, dans un cimetière militaire à Kfar Saba, le 11 novembre 2025. ©Abir Sultan / AFP

Le chef d'état-major israélien a déclaré mercredi, au lendemain du bombardement par Israël d'une base aérienne en Syrie, que l'armée ne laisserait aucune «force hostile s'implanter» à la frontière syrienne.

«Nous surveillons l'évolution de la situation sur le front syrien. Nous ne laisserons pas des forces hostiles s'implanter à nos frontières et saurons utiliser nos capacités opérationnelles précisément, où et quand il le faudra», a déclaré le général Eyal Zamir, depuis la Syrie où il s'est rendu auprès des troupes occupant un secteur du sud du pays.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad par une coalition de groupes islamistes.

Il a aussi déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1974, affirmant y avoir mis en place une «zone de sécurité», qu'il entend maintenir.

«Nous sommes toujours engagés dans une guerre sur plusieurs fronts, en alerte et actifs sur tous les théâtres d'opérations, une escalade peut survenir sur n'importe lequel d'entre eux, et nous devons rester en permanence prêts», a déclaré le général Zamir.

La visite du haut gradé intervient au lendemain du bombardement par Israël de la base aérienne d'Abou Dhouhour, dans la province syrienne d'Idleb, (nord-ouest). Le gouvernement israélien a accusé Damas d'avoir violé un accord en y acceptant des troupes turques.

«Israël a mis en garde à plusieurs reprises la Syrie qu'un tel déploiement constituerait une menace pour la sécurité d'Israël. La Syrie a choisi d'ignorer ces avertissements», a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou, sans pour autant revendiquer explicitement la frappe.

La Turquie, qui entretient des relations tendues avec Israël depuis plusieurs années, a rejeté ces allégations, tandis que l'ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, également envoyé spécial du président américain en Syrie, a condamné les frappes, accusant Israël d'«escalade inutile».

Le ministère syrien des Affaires étrangères a pour sa part condamné «dans les termes les plus forts» ce qu'il a qualifié «d'acte d'agression injustifiée de la part d'Israël contre cet aéroport militaire, appelant également le Conseil de sécurité de l'ONU à agir.

Malgré ces tensions, Israël et les nouvelles autorités syriennes ont tenu à plusieurs séries de pourparlers directs et sont convenus de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Mais le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a réitéré la semaine dernière que son pays maintiendrait des forces dans la zone qu'elles occupent en Syrie.

AFP

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