Le Premier ministre libanais Nawaf Salam est arrivé dimanche à Bagdad pour une visite officielle axée sur le renforcement de la coopération économique et énergétique entre le Liban et l'Irak, avec en toile de fond la relance du projet d'oléoduc reliant les deux pays via la Syrie.
À son arrivée à l'aéroport de Bagdad, M. Salam, accompagné d'une délégation comprenant notamment le ministre des Finances Yassine Jaber, le ministre de l'Énergie Joe Saddi et le ministre des Télécommunications Charles Hajj, a été accueilli par le ministre irakien des Finances, Faleh Sari, lors d'une cérémonie officielle.
Le chef du gouvernement doit ensuite s'entretenir avec son homologue irakien, Ali al-Zaidi, autour de plusieurs dossiers économiques et énergétiques.
Au cœur des discussions figure la réactivation de l'oléoduc Kirkouk-Baniyas-Tripoli, qui acheminait autrefois le pétrole irakien vers la Méditerranée en passant par la Syrie. Les deux parties doivent également examiner la remise en service des installations pétrolières de Tripoli.
Pour Beyrouth, ce projet représente un enjeu économique majeur. Il permettrait de redonner un rôle stratégique au port de Tripoli et à ses infrastructures pétrolières, tout en renforçant la coopération avec l'Irak et la Syrie et en consolidant la position du Liban comme plateforme énergétique en Méditerranée orientale.
Selon plusieurs informations de presse, le projet bénéficierait d'un soutien américain. Dans un premier temps, le pétrole irakien serait transporté par voie maritime jusqu'à Tripoli, avant une remise en service de l'oléoduc, endommagé durant la guerre en Syrie. Les travaux de réhabilitation pourraient durer environ treize mois et le projet générerait, à terme, plus d'un milliard de dollars de retombées économiques annuelles.
La visite intervient quelques semaines après des discussions sur la réactivation des lignes électriques reliant l'Irak, la Syrie et le Liban, illustrant une volonté plus large de renforcer l'intégration énergétique régionale.
Au-delà des questions économiques, ce déplacement revêt également une dimension politique. Le gouvernement libanais cherche à renforcer son ouverture vers les pays arabes après plusieurs années de relations tendues, tandis que l'Irak, qui entretient des liens à la fois avec les différentes composantes politiques libanaises et avec l'Iran, apparaît comme un interlocuteur régional clé.
Cette visite s'inscrit enfin dans la volonté affichée par Nawaf Salam de replacer l'État au centre de la conduite des relations extérieures et des négociations économiques, dans la continuité de son discours sur le monopole de l'État en matière de souveraineté et de décisions stratégiques.



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