Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre «deux pétroliers saoudiens», semblant ouvrir un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient, tandis que les États-Unis poursuivent, jeudi, leurs frappes contre l'Iran.
L'armée américaine a de nouveau bombardé la République islamique pour le douzième jour consécutif. Selon Washington, ces frappes visent à «réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux» transitant par le détroit d'Ormuz.
De l'autre côté de la péninsule Arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites soutenus par Téhéran – qui avaient annoncé lundi un blocus des ports saoudiens – ont revendiqué «une opération militaire» contre «deux pétroliers saoudiens ayant violé le blocus», identifiés comme l'Encelia et le Layla.
Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, «appartenant à une société saoudienne», avait été «pris pour cible alors qu'il naviguait en mer Rouge, provoquant un incendie à la proue», a indiqué l'agence officielle SPA, précisant que tous les membres de l'équipage étaient sains et saufs.
Peu auparavant, l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO avait signalé qu'un pétrolier avait été touché par un «projectile non identifié» en mer Rouge. L'incident, survenu à environ 130 kilomètres du port saoudien d'Al Shuqaiq, n'a fait aucune victime mais a provoqué un incendie à bord.
Depuis lundi, les Houthis adressaient des avertissements radio aux navires, menaçant de prendre pour cible ceux qui tenteraient de franchir la zone.
Ces attaques élargissent le théâtre des opérations au Moyen-Orient, quinze jours après la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran, qui a mis fin au cessez-le-feu conclu en avril.
Demi-tour
Ces développements risquent de raviver les inquiétudes concernant l'approvisionnement mondial en hydrocarbures. L'Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole brut et le détroit d'Ormuz, passage stratégique, demeure verrouillé par l'Iran.
Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf navires ont fait demi-tour en mer Rouge ou aux abords du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis les menaces des Houthis.
Entre les États-Unis et l'Iran, aucun signe d'apaisement n'est apparu.
Le contrôle de Téhéran sur le détroit d'Ormuz – par lequel transitait, avant la guerre, un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures – reste au cœur des tensions. La République islamique n'autorise qu'un seul itinéraire, longeant ses côtes, menace de s'en prendre aux navires qui s'en écartent et souhaite instaurer des droits de passage.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers tentant de franchir le détroit d'Ormuz. Celui-ci restera «totalement fermé tant que les États-Unis poursuivront leurs actes malfaisants dans la région», ont-ils assuré.
Deux morts
En Iran, après l'annonce de nouveaux bombardements américains, un média d'État a rapporté deux frappes de missiles contre Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire en activité du pays.
Deux personnes ont également été tuées et onze blessées dans une frappe américaine à Shalamcheh, à la frontière avec l'Irak, selon un responsable de la province du Khouzestan cité par la télévision d'État. D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe, ainsi que des explosions à Sirik, à proximité du détroit d'Ormuz, selon des médias iraniens.
Le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir achevé cette nouvelle vague de frappes. Il a précisé que les forces américaines, qui imposent un blocus maritime à l'Iran, avaient «dérouté neuf navires commerciaux et immobilisé un autre afin d'empêcher les navires d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens».
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 23, 2026
En représailles, Téhéran poursuit ses attaques quotidiennes contre des pays alliés de Washington dans la région.
Tôt jeudi, le Koweït a annoncé être en train d'intercepter des «drones hostiles».
Dans ce contexte, le baril de Brent, référence mondiale, est resté jeudi au-dessus des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines, à l'ouverture des marchés asiatiques, effaçant l'accalmie observée après la signature, à la mi-juin, d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran.
En Iran, la situation économique continue de se dégrader dans un pays fragilisé par des décennies de sanctions internationales.
«Nous avons du mal à subvenir à nos besoins les plus élémentaires et, maintenant, nous devons en plus faire face aux ravages de la guerre», témoigne Aïda, brodeuse de 34 ans originaire d'Iranshahr, dans le sud-est du pays, jointe par l'AFP depuis Paris. Elle déplore l'inflation, la pauvreté et «les missiles qui tombent sur nos villes chaque nuit».



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