Quatre jours après leur cuisante défaite en demi-finale, les Français jouent samedi à Miami contre l'Angleterre un match pour la troisième place du Mondial tout sauf anecdotique, ne serait-ce que parce qu'il sera le dernier de Didier Deschamps à la tête des Bleus.
Après 14 ans en fonction, le Basque va pour la 185ᵉ et dernière fois s'asseoir sur le banc de l'équipe de France et ce compétiteur né voudra tourner cette page avec une ultime victoire. Sous son règne, les Bleus ont joué 187 matches, mais deux ont été dirigés par son adjoint Guy Stéphan.
Dimanche, la plus grande Coupe du monde de l'histoire s'achèvera avec une finale de rêve sous les yeux de Donald Trump. L'indomptable Espagne de Lamine Yamal défie l'insubmersible Argentine de Lionel Messi dans le New Jersey, qui suffoque actuellement dans la fumée de feux de forêt.
La finale des déçus...
Quelques jours après les montagnes russes émotionnelles que furent les demi-finales, le 103ᵉ et avant-dernier match du Mondial oppose deux sélections en pleine descente: elles se sont vues très haut mais n'y sont pas, et il y a meilleur remède contre la gueule de bois qu'une médaille de bronze.
«Personne n'a envie de jouer ce match», a affirmé le sélectionneur allemand de l'Angleterre, Thomas Tuchel. Un sentiment confirmé par Didier Deschamps qui a assuré vendredi que ses joueurs n'avaient «pas plus envie de jouer que les Anglais».
En cause l'immense désillusion, «à la hauteur des ambitions qu'on avait», née de leur élimination en demi-finale du Mondial face à l'implacable Espagne 2-0, mardi à Dallas.
Possible d'ailleurs que les Anglais soient encore plus au fond du trou, eux qui étaient à une dizaine de minutes d'une première finale en 60 ans, mais dont le rêve a été fracassé par les impitoyables soldats de Messi, mercredi à Atlanta.
Si près de leurs grandes vacances, les rivaux ancestraux des deux rives de la Manche auront-ils le coeur à jouer? On fait le pari que oui, du moins côté français.
Les Bleus n'auront qu'à regarder leur banc de touche pour se rappeler une très bonne raison de tout donner: ce sera la dernière du plus grand sélectionneur français de leur histoire, celui qui les a tous fait débuter en Bleu. La moindre des élégances serait d'offrir une dernière victoire à l'apôtre de la gagne.
Kylian Mbappé, lui, aura même une motivation personnelle car il est toujours en course pour le titre de soulier d'or, pour l'heure à égalité avec Messi (8).
En ayant joué trois tournois de moins que son rival argentin, il ne pointe en outre qu'à une unité derrière au classement des meilleurs buteurs de l'histoire de la Coupe du monde (21 contre 20).
... Avant le bouquet final
Passé le match de la déprime à Miami, le tournoi remontera dimanche vers le nord, en mode «strass et paillettes» à côté de la ville qui ne dort jamais, pour le choc de deux équipes prêtes à tout pour rafler le plus beau trophée du sport mondial.
Tom Cruise, Madonna, Justin Bieber, Shakira, BTS... La Fifa a vu les choses en grand pour la clôture dans le New Jersey de ce Mondial hors norme, avec pour la première fois un half-time show, comme lors du Super Bowl.
D'un côté, l'Espagne qui vise un second doublé Euro-Mondial depuis celui réalisé en 2010. De l'autre, l'Argentine en quête d'un deuxième titre mondial de suite, une prouesse qui n'a plus été réalisée depuis le Brésil il y a 64 ans.
Monstre froid et injouable, la Roja a patiemment étouffé chacun de ses adversaires - à l'exception du Cap-Vert qui l'a tenue en échec au premier match - avec une organisation au cordeau, en s'appuyant sur un milieu de terrain ultra-dominant.
Portée par sa légendaire «grinta», l'exubérante Albiceleste s'est sauvée de situations désespérées pendant toute la phase à élimination directe, au point que les miracles n'étonnent plus, comme les coups de génie d'un Messi devenu l'égal du «Dieu» Maradona et peut-être même plus.
Autre forte personnalité attendue lors de cette finale, Donald Trump assistera à son premier match, lors de cette Coupe du monde qu'il a encore présentée vendredi comme «la plus réussie de l'histoire», avant de remettre le trophée au vainqueur avec son ami Gianni Infantino, le patron de la Fifa.
L'instance espère que ce bouquet final ne sera pas gâché par l'épais nuage de pollution qui fait depuis quelques jours suffoquer New York et tout le nord-est à cause de la fumée de gigantesques incendies au Canada.
AFP



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