Zones pilotes: divergences libanaises et blocages irano-israéliens
©LEBANESE ARMY PRESS OFFICE / AFP

Selon des sources diplomatiques occidentales suivant de près les négociations directes entre le Liban et Israël, des divergences ont émergé entre les deux délégations libanaises chargées des discussions, l'une politique et l'autre militaire. Ces désaccords auraient conduit au report de la réunion virtuelle prévue entre les délégations militaires américaine, libanaise et israélienne, qui devait porter sur la mise en œuvre des zones pilotes convenues lors des discussions politiques à Rome.

Selon ces sources, l'armée libanaise, absente de la réunion de Rome, n'a pas été consultée sur les observations qu'elle souhaitait formuler quant aux sujets abordés lors des négociations, en particulier les modalités militaires de mise en œuvre des zones pilotes.

De plus, l'armée continue d'exiger un calendrier clair pour le retrait israélien des territoires libanais occupés et refuse d'inclure des villages et localités situés au-delà de la ligne jaune dans le périmètre des zones expérimentales. Elle souligne qu'elle est déjà déployée dans ces localités et qu'elle y a délibérément conduit des journalistes afin de démontrer qu'elle y exerce pleinement sa mission.

Néanmoins, une question se pose: si l'armée est effectivement présente dans ces villages et localités, empêche-t-elle pour autant la présence du Hezbollah et prend-elle des mesures contre ses armes et ses infrastructures militaires?

Selon ces mêmes sources, les États-Unis espéraient que le président de la République, Joseph Aoun, se rendrait à Washington au même moment que le lancement des zones pilotes. Il semblerait toutefois que certaines parties, tant au Liban qu'en Israël, ne souhaitent pas lui offrir un succès politique qu'il pourrait mettre en avant lors de ses entretiens à la Maison-Blanche.

D’un autre côté, selon des sources libanaises, le report de la réunion est dû à l'absence de préparation suffisante pour lancer le mécanisme de mise en œuvre et de supervision. Par ailleurs, et étrangement, aucune date n'a encore été fixée pour le démarrage desdites zones, alors que la partie libanaise affirme avoir reçu des Américains l'assurance qu'un calendrier serait rapidement établi.

Selon ces mêmes sources, il y aurait un revirement israélien quant à la réunion virtuelle entre les trois délégations militaires. Israël aurait proposé de tenir la rencontre en présentiel à Naqoura; une option rejetée par l'armée libanaise, au motif que cette localité se trouve sous occupation israélienne.

Malgré ces obstacles, les sources libanaises estiment qu'une percée demeure possible à tout moment, ouvrant la voie au lancement des zones pilotes. Les sources diplomatiques occidentales se montrent, en revanche, beaucoup moins optimistes. Selon elles, la volonté de blocage de l'Iran, en premier lieu, et d'Israël, en second, reste plus forte que les intentions et les décisions de l'exécutif libanais.

 

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