Poursuite des bombardements au Moyen-Orient, des infrastructures civiles touchées
Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo partagée par le Commandement central des forces armées américaines sur la plateforme de réseaux sociaux X et diffusée par AFPTV le 9 juillet 2026, montre une nouvelle série de frappes contre l'Iran. ©AFP

Les États-Unis ont bombardé vendredi l'Iran pour le sixième jour consécutif. Téhéran a riposté en visant plusieurs pays du Golfe alliés de Washington, tandis que des infrastructures civiles ont été endommagées des deux côtés, marquant une nouvelle intensification du conflit.

L'armée américaine a indiqué avoir frappé dans la nuit de jeudi à vendredi «des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes».

Selon l'agence officielle iranienne Irna, ces frappes ont fait huit morts et 20 blessés.

Les autorités iraniennes ont également signalé des dommages sur le réseau électrique dans le sud du pays et appelé les habitants à réduire leur consommation d'électricité. Elles ont aussi fait état de bombardements visant des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare.

Le président américain Donald Trump avait menacé cette semaine de frapper les ponts et les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne revenait pas à la table des négociations.

«Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l'Iran», a averti un porte-parole de l'armée iranienne.

Les Gardiens de la Révolution ont, de leur côté, affirmé que les frappes «se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz».

«Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus», analyse David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, qui s'inquiète du «risque d'une confrontation régionale plus large».

Économiser l'électricité

Au Koweït, une centrale électrique et une usine de dessalement ont été touchées par une attaque iranienne, selon les autorités, qui ont appelé la population «à rationaliser sa consommation d'électricité durant cette phase exceptionnelle», alors que les températures atteignent 48°C.

Les forces armées du Koweït, de la Jordanie, de Bahreïn et du Qatar, tous alliés proches des États-Unis, ont également annoncé avoir fait face à des attaques aériennes à l'aube.

Au Koweït, plusieurs personnes ont été blessées. Au Qatar, un enfant a été blessé par des débris. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir visé la base américaine d'Al-Udeid, assurant y avoir détruit des systèmes radar et des avions militaires afin de «punir l'agresseur».

«J'étais dans mon lit, prêt à dormir, et j'ai entendu l'alerte», a raconté à l'AFP Abu Baker, un employé gouvernemental soudanais de 27 ans vivant au Qatar. «J'espérais que ce serait au-dessus de la mer, mais ça a explosé et ma maison a tremblé», a-t-il expliqué, craignant «que cette guerre s'éternise».

Au Kurdistan irakien, neuf rebelles kurdes iraniens ont été tués. Les forces kurdes ont indiqué que la coalition dirigée par les États-Unis avait intercepté huit drones au-dessus d'Erbil. La présidence de la région autonome a dénoncé «une violation flagrante de la souveraineté de l'Irak».

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Pressions internationales

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et continue de secouer l'économie mondiale.

Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier jouant également un rôle de médiateur, ont appelé les deux camps à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé à la mi-juin, désormais caduc.

Islamabad a également plaidé pour un «retour à la normale dans le détroit d'Ormuz», verrouillé de nouveau par l'Iran depuis le week-end dernier, tandis que les États-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.

Donald Trump «reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps», a assuré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les autorités iraniennes «ont fait savoir au président qu'elles veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences».

Dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre près d'un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, le trafic maritime continue de diminuer.

L'agence britannique de sécurité maritime UKMTO a indiqué vendredi qu'un navire avait été touché par un «projectile non identifié» au large d'Oman, près du détroit, provoquant des dégâts «mineurs» sans faire de victime.

Les prix du pétrole poursuivaient leur hausse dans ce contexte, le baril de Brent gagnant 2,88% à 86,66 dollars.

AFP

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