L'épidémie d'Ebola en RDC se propage «plus rapidement» que toutes les précédentes, alerte l'OMS
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, prend la parole lors d'une conférence de presse sur l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, à Genève, le 20 mai 2026. ©FABRICE COFFRINI/AFP

L'épidémie d'Ebola déclarée il y a deux mois en République démocratique du Congo (RDC) se propage «plus rapidement que toutes les épidémies précédentes», a alerté jeudi le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée: au cours des derniers mois, elle s'est propagée plus rapidement que toutes les épidémies précédentes», a déclaré devant la presse à Genève le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

«À ce jour, 2.003 cas ont été signalés, dont 796 décès. À titre de comparaison, l'épidémie d'Ebola de 2018» en RDC «avait mis plus de 10 mois pour atteindre le seuil des 2.000 cas confirmés», a-t-il expliqué. Cette épidémie, la plus meurtrière dans le pays, avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés entre 2018 et 2020.

M. Tedros a précisé que la «plus grande préoccupation» de l'OMS concernait actuellement la transmission de la maladie dans la province de l'Ituri (nord-est de la RDC), foyer de cette 17e épidémie où, selon lui, «plus de 80% des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus».

Cela «montre que des chaînes de transmission continuent d'échapper à la surveillance», a-t-il averti, indiquant également qu'environ deux tiers des décès survenaient au sein des communautés, «chez des personnes qui n'ont jamais été prises en charge dans un établissement de santé».

Il a relevé quelques progrès, avec une capacité de prise en charge des malades qui dépasse désormais les 800 lits «et continue d'augmenter», une hausse des capacités de dépistage grâce à 60 laboratoires installés, ainsi qu'un taux de suivi des contacts qui «a augmenté pour atteindre près de 80%».

Il n'existe aujourd'hui ni vaccin ni traitement contre le variant Bundibugyo du virus Ebola, responsable de l'épidémie actuelle. L'OMS a toutefois indiqué avoir lancé au début du mois des essais cliniques portant sur deux traitements: l'anticorps monoclonal MBP134 et l'antiviral remdesivir, utilisés seuls ou en association.

M. Tedros a également annoncé que le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, sous la direction de l'université d'Oxford (Royaume-Uni), avait débuté cette semaine.

Mardi, un autre essai clinique a été lancé afin d'évaluer l'efficacité d'une prophylaxie post-exposition (PEP) avec l'antiviral obeldesivir chez des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés du variant Bundibugyo.

«Même en l'absence de vaccins et de traitements approuvés, 377 personnes se sont rétablies, ce qui montre qu'avec un diagnostic précoce et une prise en charge sûre, cette maladie peut être surmontée et sa propagation stoppée», a assuré le chef de l'OMS.

L'Ouganda voisin, qui a enregistré deux décès pour 20 cas, a de son côté annoncé jeudi ne plus compter aucun malade.

AFP

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