Tripoli: combien coûtent vraiment les immeubles à risque?
©Ici Beyrouth

24 millions de dollars. C'est le coût que pourrait supporter l'État libanais pour reloger pendant un an les familles vivant dans les immeubles jugés à risque à Tripoli. Une facture qui ne comprend ni les démolitions ni les travaux de consolidation ni la réhabilitation des bâtiments.

À l'origine de cette estimation, un chiffre qui fait débat : 600 immeubles présentés comme menacés d'effondrement par le ministre de l'Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar. Un nombre qui a semé l'inquiétude, mais dont la portée réelle reste controversée.

Si ces 600 bâtiments abritent en moyenne une dizaine d'appartements chacun, près de 6 000 familles pourraient être contraintes de quitter leur logement. Avec une indemnité de relogement fixée à 4 000 dollars par ménage pour une durée d'un an, la facture atteint déjà 24 millions de dollars. Et ce, avant même de financer les démolitions, les consolidations ou les éventuelles reconstructions.

Mais derrière ces chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les données municipales recensent plus de 800 immeubles, tandis qu'environ 850 bâtiments ont déjà été inspectés. Tous ne présentent cependant pas le même niveau de danger. Certains nécessitent de simples travaux d'entretien, d'autres un renforcement de leur structure, et seule une partie pourrait réellement nécessiter une évacuation ou une démolition.

La définition du risque

Pour certains observateurs, le désaccord ne porte pas sur l'existence du risque, mais sur sa définition. Un immeuble fragilisé n'est pas forcément condamné. Dans bien des cas, une consolidation est techniquement possible. La véritable question est économique : faut-il renforcer un bâtiment lorsque le coût des travaux excède celui d'une reconstruction? La réponse dépend aussi de sa valeur patrimoniale, historique ou sociale.

Au-delà de la controverse sur le nombre d'immeubles concernés, les 24 millions de dollars révèlent surtout l'ampleur de l'enjeu financier. À Tripoli, la crise ne menace pas seulement les bâtiments : elle met aussi les finances publiques face à une équation budgétaire de plus en plus difficile.

Source : Ministère de l’Intérieur  
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