Trump aurait donné son feu vert à Mohammed ben Salmane pour des frappes contre les Houthis
Une photo fournie par le palais royal saoudien, le 29 juin 2019, montre le prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman (D), serrant la main du président américain, Donald Trump, lors de leur rencontre en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon. ©Bandar Al-Jaloud / AFP

Le président américain Donald Trump aurait donné son soutien au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) avant l’opération militaire saoudienne contre les Houthis au Yémen, selon deux responsables américains cités par le média américain Axios.

D’après Axios, qui rapporte l’information dans un article publié mardi, Riyad avait informé Washington à l’avance de son intention de mener des frappes contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran et avait sollicité l’appui de Donald Trump. Le président américain aurait donné son feu vert à cette opération, selon l’un des responsables cités.

Cette décision intervient après une frappe saoudienne contre l’aéroport de Sanaa lundi, suivie de tirs de missiles de représailles des Houthis. Selon Axios, il s’agit de l’escalade transfrontalière la plus importante entre les deux parties depuis 2022, qui pourrait remettre en cause une trêve informelle en place depuis quatre ans.

Le média souligne que la reprise d’un conflit militaire entre l’Arabie saoudite et les Houthis pourrait aggraver les tensions régionales et élargir davantage la confrontation entre les États-Unis et l’Iran.

Le fait que Mohammed ben Salmane ait informé Donald Trump avant l’opération et demandé son soutien témoigne, selon Axios, des inquiétudes saoudiennes face à un éventuel conflit de plus grande ampleur avec les Houthis, qui nécessiterait un appui militaire et diplomatique américain.

Des consultations entre Riyad et Washington

Selon les informations rapportées par Axios, l’Arabie saoudite avait fait part la semaine dernière aux États-Unis de ses inquiétudes concernant l’évolution de la situation et avait demandé un soutien en vue d’éventuelles frappes contre les Houthis.

Jeudi, l’ambassadeur saoudien à Washington a rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le lendemain, ce dernier s’est entretenu avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan.

Peu après, vendredi, Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec Mohammed ben Salmane. Selon un responsable américain cité par Axios, le prince héritier saoudien a demandé au président américain son soutien pour une opération militaire contre les Houthis et l’a obtenu.

Sollicitée par Axios, la Maison-Blanche a renvoyé aux déclarations de Donald Trump dans une interview accordée lundi matin à Fox News, dans laquelle il a vivement critiqué l’Iran. L’ambassade d’Arabie saoudite à Washington n’a pas répondu aux demandes de commentaires du média.

Une escalade liée à un vol iranien vers Sanaa

Selon Axios, les tensions entre l’Arabie saoudite et les Houthis ont commencé il y a dix jours, après l’atterrissage à Sanaa, contrôlée par les rebelles, d’un avion appartenant à la compagnie iranienne Mahan Air.

L’appareil transportait une délégation de dirigeants houthis qui se rendait aux funérailles de l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei.

Il s’agissait d’un événement inhabituel: les vols entre l’Iran et Sanaa n’avaient plus eu lieu depuis plus d’une décennie. L’Arabie saoudite avait bloqué ces liaisons, craignant qu’elles ne servent au transfert d’armes ou de conseillers militaires iraniens vers les Houthis.

«Mahan Air est la compagnie aérienne des Gardiens de la révolution islamique (CGRI). Elle a été désignée et sanctionnée par le gouvernement américain», a déclaré un responsable américain cité par Axios.

Les Houthis ont affirmé que des avions de chasse saoudiens avaient tenté d’empêcher l’atterrissage de l’appareil, sans y parvenir. Ils ont ensuite menacé de viser les aéroports saoudiens si une situation similaire se reproduisait.

Frappes sur Sanaa et riposte houthie

Lundi, alors que l’avion iranien revenait d’Iran avec la délégation houthie à son bord, l’armée saoudienne a bombardé l’aéroport de Sanaa. L’appareil a alors dû être dérouté et atterrir à Al-Hodeïda, sur la côte de la mer Rouge.

Un responsable américain cité par Axios a affirmé que l’avion transportait des armes, des composants de missiles et des experts militaires destinés aux Houthis.

En réponse, les Houthis ont lancé des missiles balistiques et des drones contre l’aéroport d’Abha, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite. Ils ont également averti les compagnies aériennes de ne pas survoler l’espace aérien saoudien tant que le blocus de l’aéroport de Sanaa ne serait pas levé.

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