Des militaires ukrainiens et des contingents des 35 pays de la «coalition des volontaires» ont ouvert mardi le traditionnel défilé du 14-Juillet à Paris, voulu «massif» et mettant en avant le «réveil stratégique de l'Europe».
Derrière chaque drapeau des pays de la coalition, essentiellement européens mais aussi canadien et australien, entre sept et 25 militaires de chaque pays défilent à leur pas, en treillis ou en uniforme de cérémonie, sous les yeux de leurs chefs d'État ou de gouvernement, notamment l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer ou encore le Polonais Donald Tusk.
Vingt-cinq militaires ukrainiens, qui combattent depuis plus de quatre ans l'invasion à grande échelle de leur pays par la Russie, leur ont succédé sous un soleil radieux, applaudis par la tribune présidentielle et notamment par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui-même ovationné à son arrivée.
La veille, les pays de la coalition réunis à Paris sont convenus de soutenir Kiev dans la durée, y compris, pour certains, par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie.
Alors que Moscou menace la sécurité du continent et que les États-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles, ce défilé constitue «une incarnation physique de la solidarité stratégique entre nos pays», a estimé sur X le chef d'état-major des Armées, le général Fabien Mandon.
«Plus de véhicules, plus d'avions»
Le défilé s'est ouvert par la Patrouille de France, accompagnée de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France, ainsi que par un défilé aérien plus imposant qu'à l'accoutumée afin d'illustrer le «réarmement» engagé par la France.
Les avions français ont survolé les Champs-Élysées avec, pour la première fois, des maquettes d'armement sous leurs ailes, comme le missile de croisière Scalp, démonstration d'une armée qui se veut «prête au combat».
Près de 6.700 soldats à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé entre l'Arc de Triomphe et la place de la Concorde à l'occasion de la fête nationale.
Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui quittera le pouvoir en 2027, entend également mettre en avant la montée en puissance des armées françaises au cours de ses dix années de présidence, durant lesquelles le budget de la défense aura doublé.
«Ce que nous avons voulu montrer à nos compatriotes, c'est que les efforts financiers qui ont été faits (…) se montraient concrètement avec plus d'hommes, plus de véhicules, plus d'avions et plus de technologies», a expliqué le général Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris et responsable de l'organisation du défilé.
«Champ de bataille»
Pour l'Élysée, le défilé est conçu comme un «signalement stratégique», c'est-à-dire «un message que la France envoie, celui d'armées puissantes capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre».
La France entend ainsi afficher ses capacités militaires avec des hélicoptères évoluant «au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille», explique la présidence.
Les militaires français déployés sur le flanc est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que les aviateurs présents dans les pays baltes ou les plongeurs-démineurs en Bulgarie et en Roumanie, sont également mis à l'honneur après le passage des nombreuses écoles militaires.
Malgré la chaleur, plus de 50.000 personnes assistaient au défilé après avoir obtenu un QR code, devenu obligatoire pour des raisons de sécurité en raison de la présence de nombreux dirigeants étrangers et à quelques heures de la demi-finale de la Coupe du monde de football entre la France et l'Espagne.
L'armée continue de bénéficier d'une forte confiance des Français et le défilé militaire est considéré comme un symbole important de l'identité nationale par 80% des personnes interrogées, selon un sondage Ipsos BVA.
La mise à l'honneur de l'Ukraine et de la coopération européenne suscite toutefois davantage de réserves: 42% des personnes interrogées disent ne pas l'approuver.
À l'issue du défilé, Emmanuel Macron est attendu à Nice pour rendre hommage aux 86 victimes et plus de 400 blessés de l'attentat commis sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.
AFP



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