Turquie: nouvelles arrestations au sein du principal parti d'opposition
Le chef du Parti républicain du peuple (CHP), Özgür Özel (C), prononce une déclaration après une perquisition de la police au siège du parti à Ankara, le 24 mai 2026. ©Adem Altan / AFP

Le gouvernement turc a poursuivi samedi sa campagne contre le principal parti d'opposition, le CHP (social-démocrate), en procédant à des dizaines d'arrestations dans une zone d'Ankara administrée par cette formation, ont rapporté les médias.

Quelque 27 personnes ont été interpellées lors de raids menés tôt le matin à Çankaya, sur un total de 36 individus visés par un mandat émis par le procureur d'Ankara, toujours selon les médias.

Ce mandat comprend des accusations de constitution ou d'appartenance à une organisation criminelle, de corruption et de trucage d'appels d'offres.

Le maire de Çankaya, Hüseyin Can Güner, figure parmi les personnes visées par le mandat.

Ces arrestations interviennent alors que le plus ancien parti politique de Turquie, le Parti républicain du peuple (CHP), traverse une crise qui s'aggrave, après qu'un tribunal a écarté son président élu, Özgür Özel, pour confier le poste à son prédécesseur battu, Kemal Kiliçdaroglu.

Cette décision très controversée du tribunal d'Ankara, annulant l'élection à la tête du parti de 2023 en raison d'allégations d'achat de voix, a été largement perçue par les critiques comme une nouvelle tentative du président Recep Tayyip Erdoğan de paralyser ses opposants politiques.

A  la suite des raids de samedi, M. Özel, actuellement en déplacement dans le sud du pays, a appelé les membres du parti à se rassembler en signe de solidarité devant la mairie de Çankaya.

Des centaines de responsables du CHP ont été arrêtés dans le cadre d'enquêtes en cours pour corruption présumée, notamment le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, considéré par beaucoup comme l'un des rares hommes politiques capables de battre M. Erdogan dans les urnes.

La pression sur le CHP s'est intensifiée depuis sa victoire écrasante aux élections locales de 2024 face à l'AKP d'Erdogan.

Au moins 26 de ses maires ont été incarcérés, accusés de diverses infractions liées à la corruption, selon des chiffres datant de fin juin.

Après l'arrestation d'Imamoglu, M. Özel a joué un rôle clé dans la mobilisation des plus importantes manifestations de rue en Turquie depuis plus de dix ans, ce qui a entraîné une hausse de la popularité du parti dans les sondages.

AFP

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