Les États-Unis ont relancé les livraisons de liquidités à l'Irak après une interruption, un signal de soutien au nouveau Premier ministre, attendu à Washington mi-juillet, a annoncé jeudi un porte-parole du gouvernement irakien.
Washington les avait suspendues plus tôt cette année pour pousser Bagdad à démanteler les groupes armés pro-iraniens présents sur son sol, accusés d'avoir mené des centaines d'attaques sur des infrastructures américaines en Irak pendant la guerre au Moyen-Orient, en complément d'autres sanctions.
Les revenus des exportations de pétrole irakiennes sont en grande partie déposés à la Réserve fédérale (Fed) de New York, en vertu d'un arrangement conclu après l'invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.
Avec ce système, les paiements sont versés sur des comptes libellés en dollars aux États-Unis, qui sont ensuite utilisés pour régler des importations par l'Irak ou transférés en espèces vers Bagdad.
En mai, un haut responsable du département d'État américain avait averti que les livraisons de dollars ne reprendraient pas avant que des «actions concrètes» aient été prises par le pouvoir irakien pour prendre ses distances avec les factions pro-iraniennes.
Washington s'est plaint d'efforts insuffisants de la part de l'Irak, qui tente depuis des années de conserver un équilibre précaire entre ses liens avec les États-Unis et sa proximité avec Téhéran.
Les autorités irakiennes avaient de leur côté minimisé le problème, expliquant l'arrêt des versements par la fermeture de l'espace aérien et la situation sécuritaire.
Les «livraisons ont repris il y a un certain temps», a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement Haidar al-Aboudi à l'AFP, qualifiant la nouvelle de «signe positif» en amont de la visite du Premier ministre Ali al-Zaidi à Washington.
«Nous l'envisageons sous l'angle de la coopération, de la coordination et du partenariat», a-t-il souligné, en particulier sur le plan économique.
Le nouveau dirigeant, désigné en avril avec la bénédiction des États-Unis, s'est engagé à garantir le monopole de l'État sur les armes et a exhorté les groupes armés à remettre leur artillerie aux autorités.
Au cours de sa visite à Washington, la première à l'étranger depuis sa prise de poste, il espère renforcer les investissements américains dans son pays, dont l'économie a été lourdement affectée par la guerre.
Ce pays fondateur de l'Opep dépend fortement de ses exportations de pétrole brut, qui représentent ordinairement 90% de ses recettes budgétaires et transitent en grande majorité par le détroit d'Ormuz, au cœur des tensions.
AFP



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