Le président chypriote Nikos Christodoulides a exprimé son intérêt pour la mise en place d'une cellule de coopération avec le Liban, associant également la France, lors de son entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères et des Émigrés, Youssef Raggi. Les deux responsables ont également abordé la période qui suivra la Finul, le président chypriote affirmant que Nicosie soutiendra toute décision que prendra le Liban à ce sujet.
Cette rencontre s'est tenue au palais présidentiel, jeudi, à l'occasion de la visite officielle de Youssef Raggi à Chypre. Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, qui a accueilli son homologue libanais, ainsi que l'ambassadrice du Liban à Chypre, Rina Charbel, ont pris part à la réunion.
Les discussions ont porté sur les relations bilatérales et les moyens de les développer à différents niveaux. Le président chypriote a remercié le ministre libanais d'avoir répondu à l'invitation de son homologue chypriote à participer à la rencontre annuelle des ambassadeurs de Chypre.
Nikos Christodoulides a affirmé que «la souveraineté et la stabilité du Liban constituent une priorité pour Chypre, tout comme elles le sont pour les Libanais eux-mêmes». Il a souligné le soutien de son pays au Liban depuis sa position au sein de l'Union européenne et révélé avoir adressé une lettre au Conseil européen afin de convaincre les États membres d'élever les relations avec le Liban au rang de partenariat stratégique, à l'instar de ceux conclus avec la Jordanie et l'Égypte.
Le président chypriote a également salué les efforts du président de la République et du gouvernement libanais, estimant que le Liban bénéficie, «peut-être pour la première fois depuis quatorze ans», d'une attention internationale particulière. Il a appelé les Libanais à ne pas laisser passer cette dynamique positive.
De son côté, Raggi a remercié Chypre pour son soutien constant au Liban, notamment au sein de l'Union européenne. Il a présenté les derniers développements au Liban à la lumière de l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sous médiation américaine.
Selon lui, cet accord a démontré à tous, «en premier lieu à l'Iran», que les négociations relèvent exclusivement de la responsabilité de l'État libanais et que nul autre ne peut en décider. Il a qualifié le processus de négociation de difficile et de long, tout en soulignant qu'il constituait la seule voie possible, après que toutes les autres options eurent montré leurs limites.
Le ministre a également abordé le dossier du monopole des armes par l'État, évoquant le refus du Hezbollah de coopérer et de remettre ses armes. Il a réaffirmé que le monopole des armes constitue une revendication libanaise et une condition essentielle à l'édification d'un État fort et normal. Il a précisé que le problème ne réside pas dans le Hezbollah en tant que parti politique, mais dans l'existence d'un groupe armé parallèle aux forces de sécurité légitimes.



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