Le président syrien Ahmad al-Chareh et son homologue français Emmanuel Macron ont exprimé mardi à Damas leur souhait de voir la Syrie redevenir un carrefour énergétique, notamment après le blocage du détroit stratégique d'Ormuz.
Inaugurant un forum économique au palais présidentiel, aux côtés du président français, M. Chareh a dit espérer que la France devienne «le premier partenaire» de son pays dans ce parcours.
La crise d'Ormuz a souligné «l'importance de la géographie de la Syrie, qui recouvre un rôle vital de carrefour incontournable des corridors mondiaux», a affirmé le président syrien.
«Et nous voulons que la France soit notre premier partenaire dans ce parcours.»
«Le partenariat stratégique dont nous jetons les bases aujourd'hui avec la France, depuis le développement des ports et de la navigation aérienne jusqu'aux secteurs de l'énergie, de l'eau et de la santé, est le modèle que nous souhaitons pour nos relations avec l'Europe et avec le monde entier», a poursuivi Ahmad al-Chareh.
«Après 14 années de guerre, le défi de la Syrie est multiple», en matière de stabilisation et de reconstruction, «et les opportunités, les intérêts des entreprises françaises sont convergents avec ce défi», a soutenu pour sa part Emmanuel Macron, accompagné d'une délégation de plusieurs chefs d'entreprises françaises.
Outre la reconstruction, il a affirmé que l'un des enjeux du partenariat était de «faire de la Syrie dans la durée un hub régional (...) où des chaînes logistiques nouvelles peuvent se construire, des routes énergétiques ou de données peuvent se bâtir, qui d'ailleurs réduisent les risques» liés aux crises géopolitiques comme dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran durant la guerre avec les États-Unis.
Parmi les dirigeants d'entreprises françaises qui accompagnent M. Macron figurent Rodolphe Saadé, du géant mondial du transport maritime CMA-CGM, et Patrick Pouyanné, de TotalEnergies. Des accords ont été signés.
«Ce que nous demandons de vous aujourd'hui, c'est de construire et de développer de véritables partenariats organiques avec le secteur privé syrien», a insisté Ahmad al-Chareh, disant enfin espérer «passer aujourd'hui des protocoles d'intention à des contrats d'exécution assortis de calendriers précis».
AFP



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