La Chine a indiqué avoir effectué lundi dans le Pacifique un tir d'essai de missile, non porteur de charge nucléaire, après que des pays de la région ont dit avoir été prévenus d'un test imminent de missile balistique intercontinental (ICBM).
Il s'agit d'une rare démonstration des capacités militaires chinoises dans le Pacifique Sud, région stratégique où les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, puissances traditionnellement dominantes, accueillent avec scepticisme l'influence croissante de Pékin ces dernières années.
«Un sous-marin stratégique à propulsion nucléaire et lanceur d'engins» a «procédé avec succès, le 6 juillet à 12h01, au tir d'un missile stratégique équipé d'une ogive d'entraînement à charge simulée, en direction des eaux internationales du Pacifique», a indiqué un porte-parole de la marine chinoise dans un communiqué.
Ce missile est «tombé avec précision dans la zone maritime prédéfinie», a-t-il souligné, sans fournir plus de détails sur la localisation exacte.
Cet essai a lieu le jour où les marines chinoise et russe débutent leurs exercices navals annuels au large de Qingdao, grand port militaire et station balnéaire de l'est de la Chine. Rien ne permet toutefois de lier ces deux événements.
«Ce tir d'essai s'inscrit dans le cadre des exercices militaires annuels de routine de la Chine», a indiqué la marine chinoise dans son communiqué.
«Une notification préalable a été adressée aux pays concernés, conformément au droit international et aux pratiques internationales. Ce tir ne vise aucun pays ni aucune cible particulière», a-t-elle souligné.
Appel de l'ambassadeur
La Chine a renforcé ses capacités militaires ces dernières décennies, au diapason de son développement économique et de son poids diplomatique.
Selon les estimations datant de 2025 de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), la Chine comptait 600 armes nucléaires, soit 100 de plus qu'en 2024.
Les États-Unis, qui en possèdent 3.700 selon le Sipri, accusent régulièrement l'armée chinoise de vouloir renforcer significativement son arsenal.
Le ministre des Affaires étrangères de Papouasie–Nouvelle-Guinée et une source gouvernementale néo-zélandaise avaient déclaré plus tôt lundi à l'AFP que la Chine se préparait à procéder à un tir d'essai d'un missile à capacité nucléaire dans le Pacifique.
«Oui, la Chine m'en a informé. J'ai personnellement reçu un appel de l'ambassadeur de Chine», a déclaré le chef de la diplomatie papou-néo-guinéenne, Justin Tkatchenko.
Une source gouvernementale néo-zélandaise a également confirmé à l'AFP que la Chine les avait avertis de la tenue prochaine d'un essai de missile balistique intercontinental.
Ils n'avaient pas donné de précisions sur la zone d'impact prévue du missile.
«Profondément préoccupés»
La Nouvelle-Zélande a vivement réagi lundi après l'annonce officielle chinoise.
«Le Pacifique est un océan de paix et nous sommes profondément préoccupés par les essais menés par la Chine d'armes à capacité nucléaire dans le Pacifique Sud», a indiqué dans un communiqué Winston Peters, son ministre des Affaires étrangères.
De son côté, le Japon dit avoir exhorté la Chine à reconsidérer son tir d'essai de missile «afin qu'il ne constitue pas une menace», selon un communiqué conjoint de plusieurs ministères japonais, publié avant le lancement.
En septembre 2024, la Chine avait déjà tiré dans le Pacifique un missile balistique intercontinental, là encore équipé d'une ogive factice, c'est-à-dire sans charge nucléaire.
Il s'agissait alors du premier test chinois de ce genre depuis plusieurs décennies.
La Chine applique une politique de «non-recours en premier» aux armes nucléaires. En clair, elle promet de ne jamais prendre l'initiative d'employer une bombe nucléaire, mais s'autorise à répliquer si elle est attaquée par une telle arme.
AFP



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