Le super-typhon Bavi provoque des «dégâts majeurs» sur l'île américaine de Rota
Des vents violents provoqués par le super-typhon Bavi s'abattent sur Guam le 6 juillet 2026. ©YUICHI YAMAZAKI / AFP

Le super-typhon Bavi a balayé lundi les îles américaines de Guam et l'archipel des Mariannes du Nord dans le Pacifique, causant d'énormes dégâts sur Rota, petite île soumise à des vents dignes d'une «tornade», selon le Service météorologique américain (NWS).

«La totalité» de l'île de Rota, la plus méridionale des Mariannes du Nord, s'est trouvée au cœur du super-typhon avec des vents jusqu'à 290 km/h avant de «s'éloigner lentement» vers l'ouest, selon le NWS.

Les chutes d'arbres et les coupures de courant risquent de rendre la majeure partie de Rota «inhabitable pendant des semaines, voire davantage», avait prévenu le NWS, en intimant sur X aux quelque 1.500 habitants de réagir à «ces vents extrêmes imminents comme si une tornade s'approchait et de se rendre immédiatement dans une pièce ou de s'abriter MAINTENANT!»

À la mi-journée, le groupe d'îles, situé à plusieurs milliers de kilomètres à l'ouest du continent américain, était encore balayé par des vents violents et une pluie battante, rendant toute sortie à l'extérieur dangereuse.

Les autorités locales de Rota ont indiqué avoir reçu des signalements de «dégâts majeurs», sans pouvoir encore en mesurer précisément l'ampleur en raison des difficultés de communication.

«On est là, on a des vents violents et des inondations. Des gens nous rapportent déjà des dégâts majeurs», a déclaré Lou Rosario, responsable de la communication du centre de crise municipal de Rota.

Des services de téléphonie mobile sont coupés après la chute d'une antenne-relais, a-t-il précisé.

L'île est proche de Guam, autre territoire américain, théâtre d'une bataille célèbre de la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1944 et aujourd'hui destination de tourisme historique.

Amélioration progressive 

L'île de Tinian, au nord de Guam, et la pointe sud de Saipan, dans les Mariannes du Nord, ont subi des vents équivalents à ceux d'un ouragan de catégorie 1, a détaillé Marcus Landon Aydlett, météorologiste au NWS, lors d'un direct sur Facebook.

«Le super-typhon Bavi quitte la zone» et «progressivement, les conditions vont s'améliorer», a-t-il ajouté.

Les Mariannes du Nord et Guam, territoire voisin distinct, comptent environ 210.000 habitants.

Les autorités redoutent que 20 à 30 centimètres de pluie tombent sur Guam, provoquant des inondations soudaines. Le NWS a précisé que des vents de 80 à 100 km/h, accompagnés de rafales pouvant atteindre 160 km/h, pourraient continuer à souffler jusqu'en fin d'après-midi.

Ces territoires avaient déjà été durement touchés en avril par le super-typhon Sinlaku, qui avait privé d'électricité des dizaines de milliers de personnes. En 2023, Guam avait également subi les rafales destructrices du typhon Mawar.

«Sinlaku était plus violent, car le centre de la tempête est passé directement au-dessus de Saipan. Avec le super-typhon Bavi, seule la périphérie de la tempête nous a touchés», a expliqué Rowell Mariano, 61 ans, habitant de Saipan.

«Lors du passage de Sinlaku, notre maison a été inondée à cause des vents violents et des fortes pluies, et notre plafond a été endommagé. Une expérience vraiment traumatisante pour nous», a-t-il ajouté.

Sur Guam, plusieurs centaines de personnes se sont réfugiées dans l'hôtel Guam Plaza, battu par des pluies torrentielles. L'établissement dispose d'un groupe électrogène capable de fonctionner «deux à trois jours», selon son directeur général, Sudipta Basu.

Oliver Snulgawski, un grutier australien de 43 ans bloqué dans un hôtel de Guam après des vacances dans un atoll, se montrait serein. «Je vais bien. C'est comme un cyclone de catégorie 5», a-t-il déclaré à l'AFP.

El Niño 

À Guam, un centre de distribution avait été approvisionné avec 1,1 million de litres d'eau, 1,2 million de repas, 6.700 lits de camp et 90 générateurs. Cinq centres d'évacuation ont également été ouverts dans des écoles pour accueillir les personnes vivant dans des habitations vulnérables.

L'Organisation météorologique internationale (OMI) a averti que le phénomène climatique El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure de neuf à douze mois, avait déjà commencé dans le Pacifique tropical.

Ce phénomène réchauffe les températures de l'eau dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, modifiant les régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale, et pouvant ainsi aggraver les catastrophes naturelles.

«Notre grande inquiétude pour cette année d'El Niño est que nous allons être beaucoup plus occupés que nous ne l'avons été ces cinq ou six dernières années», a commenté M. Aydlett.

Par Simon STURDEE / AFP

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