Des dizaines de drones ukrainiens ont visé Saint-Pétersbourg en Russie, ont indiqué samedi les autorités de la ville, ajoutant qu'un terminal pétrolier avait été touché et qu'un drone s'était écrasé dans la zone du complexe historique de Peterhof, sans provoquer de dégâts.
Parallèlement, l'armée ukrainienne a démenti l'annonce faite vendredi par Moscou de la prise de la ville ukrainienne de Kostyantynivka, actuellement l'épicentre des combats sur le front.
La Russie a abattu environ 70 drones ukrainiens au-dessus de Saint-Pétersbourg, a annoncé samedi le gouverneur de la ville, Alexandre Beglov.
Selon lui, un drone a touché la zone d'un terminal pétrolier dans le district de Kirovski, à Saint-Pétersbourg. Une frappe qui n'a pas fait de victimes et dont «les conséquences techniques» ont été «résolues», a assuré M. Beglov.
Un drone abattu s'est par ailleurs écrasé à Peterhof, dans la banlieue de Saint-Pétersbourg, sans faire de dégâts ni de victimes, toujours selon M. Beglov.
Situé sur les rives de la mer Baltique, le complexe de Peterhof est connu pour abriter un palais impérial au parc agrémenté de fastueuses fontaines, souvent comparé à Versailles.
Ces frappes contre la deuxième ville de Russie, d'où est originaire le président russe Vladimir Poutine, interviennent après une attaque russe massive contre Kiev qui a fait 30 morts cette semaine.
Un bombardement russe a par ailleurs fait au moins 4 morts et 33 blessés vendredi soir dans le centre de Soumy, une ville du nord-est de l'Ukraine, selon le dernier bilan des autorités locales.
Moscou a annoncé que près de 400 drones ukrainiens avaient attaqué plus d'une douzaine de régions russes dans la nuit de vendredi à samedi, provoquant des coupures d'électricité et d'eau dans la région frontalière de Belgorod.
Des débris de drone sont également tombés près du port de Vysotsk, au nord de Saint-Pétersbourg et près de la frontière avec la Finlande, a indiqué Alexandre Drozdenko, le gouverneur de la région de Leningrad, où se trouve Saint-Pétersbourg.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la base navale de Kronstadt à Saint-Pétersbourg avait été touchée lors des frappes.
«Les forces de défense de l'Ukraine ont frappé des infrastructures pétrolières portuaires qui génèrent des revenus pour la guerre menée par la Russie, et il y a également eu des frappes réussies sur Kronstadt, une cible militaire importante», a-t-il déclaré.
L'Ukraine frappe de plus en plus des villes russes éloignées de la frontière en représailles aux bombardements quotidiens de l'armée du Kremlin.
Kiev dément la chute d'une ville-clé
Sur le terrain, la ligne de front est restée largement inchangée en juin en Ukraine, dans la continuité d'une perte d'élan des troupes russes ces derniers mois, selon l'analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).
Dans la région ukrainienne de Donetsk (est), l'armée russe concentre ses efforts à Kostyantynivka.
Cette cité est l'un des derniers verrous sur le chemin vers les grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, sous contrôle ukrainien, dont la capture est l'objectif ultime du Kremlin dans le Donbass.
Samedi, Kiev a démenti la chute de Kostyantynivka, annoncée la veille par Moscou.
«Les soldats ukrainiens continuent de tenir leurs positions le long des lignes de défense établies. La situation reste difficile mais elle (la ville de Kostyantynivka, ndlr) est sous le contrôle des Forces de défense ukrainiennes», a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Kovaliov.
«De petits groupes d'infanterie (d'une à trois personnes) ont réussi à s'infiltrer profondément dans les formations de combat des forces ukrainiennes» dans cette ville, mais ces groupes sont en train d'être «repérés et éliminés», a-t-il ajouté.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, lui, qualifié la revendication russe de «mensonge», au lendemain de l'apparition à la télévision de son homologue russe Vladimir Poutine en uniforme militaire, remerciant ses troupes pour la prise de la ville, d'une «importance stratégique majeure».
«Si Kostyantynivka était sous contrôle russe, alors peut-être Poutine n’aurait-il aucun problème à me rencontrer là-bas pour trouver une voie diplomatique afin de mettre enfin fin à cette guerre», a raillé M. Zelensky, dans un message sur ses réseaux sociaux.
Vladimir Poutine a refusé à plusieurs reprises de négocier en personne avec Volodymyr Zelensky pour mettre fin à plus de quatre années de la guerre déclenchée par l'attaque russe à grande échelle de l'Ukraine.
AFP


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