Les États-Unis ont créé moitié moins d'emplois qu'attendu en juin, et en ont même détruit dans le secteur de l'hôtellerie-restauration malgré la Coupe du monde de football qui se joue largement sur le sol américain.
Selon les statistiques officielles publiées jeudi, 57.000 emplois ont été créés le mois dernier. Les investisseurs en escomptaient autour de 110.000.
La surprise est venue du secteur des loisirs et de l'hôtellerie-restauration qui a détruit 61.000 emplois sur la période. À rebours du coup de pouce qui était envisagé alors que le pays accueille de nombreuses rencontres du Mondial-2026.
Le premier match s'est tenu le 13 juin à Los Angeles.
Le service statistique officiel souligne que les embauches sont «plus faibles» que d'habitude en cette saison.
Autre important bémol: les créations nettes d'emplois pour les mois d'avril et mai ont été nettement revues à la baisse.
Néanmoins, le taux de chômage a légèrement reculé, passant de 4,3% à 4,2%.
Les économistes soulignent que cela s'explique largement par le fait que la population active est de moins en moins fournie: il n'y a pas davantage de travail mais moins de gens qui en cherchent.
Moins d'actifs
Plus de 700.000 personnes ont disparu de la population active en un mois.
C'est un chiffre «choquant», selon l'économiste de la banque Navy Federal Credit Union, Heather Long, pour qui cela traduit une forme d'«abandon» de la recherche d'un travail devant le «manque d'opportunités».
Plus de sept millions d'Américains sont au chômage, dont près de deux millions en chômage de longue durée.
Un réveil du marché du travail semblait s'amorcer ces derniers temps, alors qu'il s'était comme mis en hibernation l'an dernier, surtout à partir du moment où le président Donald Trump a mis en place une vague de nouveaux droits de douane.
Les experts voient encore largement la situation comme étant en mode «no hire, no fire», ou «low hire, low fire» (pas ou peu d'embauche, pas ou peu de licenciement).
Les bouleversements liés à l'intelligence artificielle (IA) créent une couche d'incertitude supplémentaire en posant la question des emplois et compétences qui seront nécessaires à l'avenir.
«Alors que les craintes d'une suppression généralisée d'emplois [à cause de l'IA] se sont intensifiées, son adoption s'avère plus progressive et plus coûteuse que beaucoup ne l'avaient prévu», relevait cette semaine Gregory Daco, économiste à EY.
«Les entreprises recourent de plus en plus à l'IA pour améliorer leur productivité et maîtriser leurs coûts de main-d'œuvre, mais, jusqu'à présent, cette technologie semble renforcer la sélectivité à l'embauche plutôt que de déclencher des licenciements à grande échelle», ajoutait-il.
Par Myriam LEMETAYER / AFP



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