Le chef de l'Organisation mondiale de la santé a annoncé jeudi la fin de l'épisode d'hantavirus qui s'était déclaré sur un bateau de croisière, le MV Hondius, et avait suscité une vive inquiétude internationale.
«Aujourd'hui, la dernière personne ayant été en contact avec une personne exposée à l'hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius a terminé sa période de quarantaine, a été testée négative et est rentrée chez elle», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse à Genève.
«Aucun autre cas n'a été signalé depuis le 25 mai. Nous sommes donc très heureux d'annoncer que l'OMS considère que la flambée d'hantavirus a pris fin», a-t-il dit, ajoutant qu'il y avait eu 13 cas associés à cet épisode, dont trois morts.
Au total, «plus de 650 cas contacts ont été identifiés et suivis par les autorités sanitaires dans 33 pays et territoires», a-t-il précisé.
L'OMS continuera à travailler avec les gouvernements et ses partenaires pour mieux comprendre cet épisode et l'hantavirus.
«Nous coordonnons également une étude impliquant 21 pays afin de comprendre comment la maladie évolue, ce qui contribuera au développement de diagnostics, de traitements et de vaccins en vue de futures flambées épidémiques», a expliqué M. Tedros.
Les 13 cas identifiés dans cet épisode ne sont qu'une poignée par rapport aux dizaines de milliers de cas d'infections à l'hantavirus, un virus rare pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique, recensés chaque année dans le monde.
Mais ces derniers sont, la plupart du temps, issus d'une infection directe par un animal, généralement un rongeur.
L'inquiétude portait ici sur le risque d'une transmission d'un humain à l'autre: la souche en cause ici, dite des Andes, est la seule connue pour permettre une telle contamination.
Origine du foyer
Le 1ᵉʳ avril, le navire de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais, a quitté le port d'Ushuaïa, à l'extrémité sud de la Terre de Feu, à destination du Cap-Vert, faisant escale sur des îles isolées de l'Atlantique Sud.
Après la découverte du virus, le navire était remonté à Tenerife, dans les îles Canaries espagnoles, pour y évacuer le 10 mai plus de 120 passagers.
Le navire de croisière d'exploration polaire a finalement accosté le 18 mai dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas, le plus grand port d'Europe, avec un équipage réduit contraint à plusieurs semaines de quarantaine.
Au total, deux décès ont eu lieu sur le bateau: un Néerlandais, en avril, et une Allemande, en mai. La troisième personne, l'épouse du premier, est morte fin avril en Afrique du Sud, après avoir quitté le navire.
Pour le premier décès, le lien avec l'hantavirus n'est pas prouvé avec certitude, puisqu'aucun test virologique n'avait été effectué, mais il apparaît probable au vu de l'épidémie qui a suivi.
Cette personne, un passager néerlandais, avait également séjourné 48 heures en Terre de Feu avant d'embarquer.
Avant de se rendre à Ushuaïa, il avait sillonné pendant quatre mois l'Argentine, avec des incursions au Chili, où l'hantavirus est aussi présent, et en Uruguay.
L'origine du foyer n'a toujours pas été identifiée.
AFP



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