RDC: le bilan passe la barre des 400 morts, un cas confirmé à Kisangani
En République démocratique du Congo, Médecins sans frontières avertit que l’épidémie d’Ebola progresse rapidement. Les équipes médicales renforcent leurs capacités d’accueil face à la hausse des cas. ©JOSPIN MWISHA / AFP

L'épidémie d'Ebola en RDC a fait plus de 400 morts jusqu'à présent, un cas ayant récemment été confirmé à Kisangani, grande ville du nord-est située à près de 600 kms du foyer de la crise, selon un dernier bilan officiel jeudi.

Au total, 438 décès et 1.406 cas ont été recensés en République démocratique du Congo (RDC), soit un taux de létalité de 31,2%, selon les chiffres de l'Institut national de santé publique (INSP). L'épidémie déclarée officiellement le 15 mai est causée par le virus Bundibugyo pour lequel il n'existe ni vaccin, ni traitement. Des tests cliniques sont en préparation.

Le foyer de la crise, dont l'ampleur réelle est encore difficile à évaluer, se situe dans la province de l'Ituri (91,2% des cas et 83,6% des décès), frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud. Le virus est également présent dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette dernière n'a enregistré aucun nouveau cas confirmé depuis le 26 mai.

À Kisangani, cité de 1,5 million d'habitants et capitale de la province de la Tshopo, un test récemment conduit sur la dépouille d'une femme de 24 ans et enceinte de 6 mois s'est révélé positif, selon l'INSP.

«Le corps de la défunte a été transporté clandestinement par moto vers Kisangani» depuis la zone de santé de Nia Nia en Ituri, limitrophe de la Tshopo et située à environ 350 km, ont expliqué les autorités sanitaires.

La dépouille d'une victime d'Ebola est extrêmement contagieuse et, dans de nombreux cas, la maladie est transmise lors des rites funéraires.

Un autre décès et un cas de transmission ont également été signalés ces derniers jours dans la province du Haut-Uélé, voisine de l'Ituri. La personne contaminée est décrite par les autorités sanitaires comme étant «en fuite» depuis la zone de santé de Nia Nia.

Malgré ces trois cas signalés dans deux provinces supplémentaires du pays, les autorités sanitaires congolaises persistent à déclarer que seules trois provinces au total sont touchées par l'épidémie, considérant que dans la Tshopo et le Haut-Uélé, il s'agit de «cas importés» d'Ituri.

À la suite de la confirmation des cas dans ces deux provinces, plusieurs cas contacts ont toutefois été identifiés. Certains d'entre eux ont été transférés en Ituri.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020.

AFP

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