Irak: le gouvernement donne aux groupes pro-iraniens jusqu'au 30 septembre pour désarmer
Des membres de Saraya al-Salam réagissent lors d’une cérémonie dans la ville de Samarra, le 4 juin 2026, marquant leur séparation du mouvement sadrist et leur intégration au sein des forces de sécurité irakiennes. ©Ahmad Al-Rubaye / AFP

Le gouvernement irakien a annoncé lundi donner aux groupes pro-iraniens présents sur son territoire jusqu'à fin septembre pour désarmer, une exigence de longue date des États-Unis qui s'est faite plus pressante depuis qu'ils ont été la cible d'attaques pendant la guerre.

«Tous les groupes armés ont été informés d'une date précise marquant la fin de ce dossier (...) à savoir le 30 septembre, date à laquelle prendra également fin la présence de la coalition internationale» antijihadiste, a déclaré le porte-parole de l'exécutif, Haidar Abboudi.

«Après cette date, toutes les armes se trouvant hors du cadre de l'État feront l'objet de poursuites judiciaires», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Les factions attachées à leurs armes refusent d'en discuter tant que des forces étrangères demeurent dans le nord de l'Irak. Ces dernières sont présentes dans le cadre de la coalition internationale dirigée par Washington pour combattre les jihadistes, et leur mission doit s'achever en septembre.

Cette annonce intervient à l'approche d'une visite du nouveau Premier ministre Ali al-Zaïdi aux États-Unis, prévue à la mi-juillet.

Les États-Unis, qui conservent une forte influence sur la politique irakienne, font pression depuis des mois sur Bagdad pour que soient désarmées ces factions, qu'ils ont désignées comme organisations terroristes.

Ces groupes ont visé plus de 600 fois au total des installations américaines en Irak pendant la guerre au Moyen-Orient, après l'offensive israélo-américaine lancée le 28 février sur l'Iran. Ils s'en étaient également pris à des cibles dans des pays du Golfe.

Début mai, les États-Unis, qui avaient eux aussi bombardé des positions de groupes pro-iraniens en Irak, ont assuré qu'ils reprendraient les transferts financiers en Irak et leur assistance en matière de sécurité lorsque des «mesures concrètes» seraient prises sur le sujet.

Entré en fonction à la mi-mai, Ali al-Zaïdi a promis de faire en sorte que l'État ait le monopole des armes.

Lors d'une rencontre lundi avec des ambassadeurs européens, il a «insisté sur le fait que réserver le contrôle des armes à l'État n'est pas simplement un slogan, mais une politique qui est déjà en train d'être appliquée», selon son bureau.

«Le gouvernement reste engagé dans cette voie, d'autant plus que les forces de la Coalition doivent avoir achevé leur retrait d'ici au 30 septembre», a ajouté le Premier ministre.

D'influents responsables politiques iraniens ont également appelé à une telle mesure.

Certains groupes armés ont annoncé qu'ils coopéreraient mais d'autres ont refusé de discuter du sujet sous pression américaine.

L'Irak a longtemps été un terrain d'affrontement par procuration entre les États-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-mêmes ennemis.

Après des conflits qui ont dévasté ses infrastructures, dont l'invasion américano-britannique de 2003 qui avait renversé le dictateur Saddam Hussein, l'Irak cherche à attirer les investisseurs, en particulier dans le secteur énergétique.

AFP

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