L’or sous pression: recul de 29 % depuis son record historique
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L’or traverse une phase de correction marquée, alors que les marchés financiers réévaluent ses perspectives. Le métal jaune a pris à contre-pied les grandes banques d’investissement, qui anticipaient pourtant la poursuite de sa hausse en 2026.

Il a poursuivi son recul jeudi, après avoir touché la veille son plus bas niveau depuis plus de sept mois, dans un contexte de renforcement du dollar et de montée des anticipations de hausses des taux d’intérêt américains.

À 05h26 GMT, le cours de l’or au comptant reculait de 0,2 %, à 3 993,33 dollars l’once. Les contrats à terme américains sur l’or pour livraison en août restaient quasi inchangés à 4 008,30 dollars, selon Reuters.

Un recul marqué des prix

L’or est passé mercredi sous le seuil de 4 000 dollars l’once pour la première fois depuis novembre 2025. Il affiche désormais un recul d’environ 29 % par rapport à son record historique de 5 594,82 dollars atteint le 29 janvier.

Dans le même temps, les autres métaux précieux ont évolué en ordre dispersé : l’argent a reculé de 0,1 % à 57,37 dollars l’once et le platine a perdu 0,8 % à 1 566,25 dollars, tous deux proches de leurs plus bas niveaux récents. Le palladium a légèrement progressé de 0,4 % à 1 171,25 dollars, tout en restant proche d’un creux de neuf mois.

Un environnement défavorable aux actifs sans rendement

Dans le contexte actuel, l’or subit la concurrence de deux actifs refuges : les obligations d’État américaines et le dollar.

Actif sans rendement, l’or perd de son attractivité dans un environnement de taux d’intérêt élevés, où les placements obligataires offrent des rendements plus compétitifs.

Par ailleurs, l’indice du dollar (DXY) reste proche de ses plus hauts niveaux depuis 13 mois, renchérissant mécaniquement le prix de l’or pour les investisseurs utilisant d’autres devises.

La Fed et l’inflation au cœur des anticipations

Les dernières données américaines sur les dépenses de consommation personnelle (PCE), publiées jeudi, ont renforcé les anticipations d’un resserrement monétaire prolongé de la Réserve fédérale (Fed).

L’inflation a atteint 4,1 % en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023, tandis que l’économie américaine a progressé de 2,1 % au premier trimestre, dépassant les attentes.

Les marchés anticipent désormais trois hausses de taux cette année, avec une probabilité d’environ 67 % pour une hausse dès septembre, selon l’outil CME FedWatch.

Dans ce contexte, les analystes estiment que les fonds indiciels adossés à l’or pourraient subir de nouvelles sorties de capitaux si les anticipations de taux d’intérêt élevés se confirment.

Le reflux des tensions géopolitiques pèse également

La détente progressive des tensions entre les États-Unis et l’Iran a également contribué à réduire l’attrait de l’or comme valeur refuge.

Les progrès des négociations diplomatiques et la baisse des cours du pétrole ont atténué les risques géopolitiques et ont réduit le soutien traditionnel au métal jaune en période de crise.

Des prévisions de marché remises en cause

Les anticipations de plusieurs grandes banques d’investissement — dont ING, JPMorgan et Goldman Sachs — se sont révélées trop optimistes.

Ces institutions avaient misé sur la poursuite de la hausse de l’or, en s’appuyant sur les achats des banques centrales, les tensions géopolitiques et un éventuel retour des flux vers les fonds adossés à l’or.

Cependant, elles ont sous-estimé plusieurs facteurs défavorables: la vigueur du dollar, la remontée des taux d’intérêt, la révision des anticipations de marché et le ralentissement de la demande d’investissement.

Ces éléments ont conduit à une correction plus rapide et plus profonde que prévu.

Les banques centrales restent acheteuses

Malgré la baisse des prix, la demande structurelle reste soutenue.

Selon un recensement du Conseil mondial de l’or portant sur 74 banques centrales, 45 d’entre elles prévoient d’augmenter leurs réserves au cours des douze prochains mois.

Plus de la moitié de ces institutions proviennent de pays émergents ou en développement. Environ 50 % envisagent également d’acheter de l’or directement auprès de producteurs locaux, en monnaie nationale.

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