Les négociations libano-israéliennes prolongées à Washington
Les médiateurs américains espèrent rapprocher les positions lors de cette quatrième journée de négociations. ©Compte X du Département d'État américain

Les négociations directes entre le Liban et Israël se poursuivront vendredi à Washington. Le département d’État américain a annoncé jeudi que les discussions, qui devaient initialement s'achever à l'issue de la troisième journée du cinquième round ouvert cette semaine, seraient prolongées d'une quatrième journée afin de permettre aux délégations de poursuivre leurs travaux.

«Les discussions entre Israël et le Liban se poursuivent alors que nous continuons à faciliter ce processus», a indiqué le département d'État américain dans un communiqué, précisant que les pourparlers reprendront vendredi matin.

Selon le site israélien Walla, cette prolongation intervient après une séance de négociation de près de onze heures, dans un contexte de fortes pressions américaines visant à parvenir à un accord sécuritaire sur le sud du Liban.

Des progrès, mais aucun accord sur le retrait israélien

D'après The Times of Israel, les trois journées de négociations n'ont pas permis d'aboutir à un accord sur un retrait partiel des forces israéliennes du sud du Liban. Les deux parties auraient néanmoins accepté de poursuivre les discussions afin de tenter de parvenir à un compromis.

Le quotidien israélien indique que les États-Unis espéraient conclure cette cinquième session par la signature d'un accord-cadre prévoyant un retrait israélien limité de certaines zones du sud du Liban, qualifiées de «zones pilotes», lesquelles seraient ensuite été remises à l'armée libanaise.

Une source proche des discussions, citée par The Times of Israel, affirme que les écarts entre les deux délégations se sont réduits au cours de la troisième journée, sans toutefois permettre la conclusion d'un accord.

Une troisième journée marquée par un durcissement israélien

Selon Nidaa al-Watan, les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, affirmant qu'il n'était pas question d'un retrait israélien du Liban, rapidement suivies par celles du ministre de la Défense Israël Katz et d'autres ministres, ont profondément modifié l'atmosphère des négociations.

Le quotidien affirme que le climat d'optimisme qui avait marqué les deux premières journées s'est dissipé dès l'ouverture de la troisième. La délégation israélienne serait revenue sur plusieurs propositions, notamment celles relatives aux «zones pilotes», tout en durcissant sa position sur le projet de déclaration d'intention.

Toujours selon Nidaa al-Watan, Israël aurait refusé tout engagement concernant un retrait de ses forces, tout en demandant à l'armée libanaise d'agir militairement contre le Hezbollah sans offrir de garanties sur un retrait israélien ni sur les revendications souveraines du Liban.

Le journal ajoute que les médiateurs américains sont intervenus à plusieurs reprises afin de rapprocher les positions des deux délégations, jusqu'à obtenir un accord de principe sur la poursuite des discussions autour d'une déclaration d'intention.

Les «zones pilotes» au cœur des discussions

De son côté, Asharq Al-Awsat, citant des sources informées à Beyrouth, rapporte que le président de la République, Joseph Aoun, suit personnellement l'évolution des négociations et est tenu informé en permanence de leur déroulement.

Selon ces sources, des progrès ont été enregistrés sur plusieurs dossiers, notamment celui des «zones pilotes». Israël n'aurait pas rejeté le principe de leur création, mais des divergences subsisteraient quant à leur emplacement et à leurs modalités d'application.

Les mêmes sources expliquent qu'Israël souhaiterait que ces zones soient situées au nord du Litani, tandis que le Liban insiste pour qu'elles soient établies dans les secteurs occupés situés le long de la «ligne jaune», avec un déploiement de l'armée libanaise dans les territoires situés au sud du Litani afin de permettre le retour des habitants déplacés.

Une déclaration d'intention encore en discussion

Selon Asharq Al-Awsat, le projet de «déclaration d'intention» n'a pas encore été finalisé.

Les discussions se poursuivent sur plusieurs formulations afin d'aboutir à un texte consensuel. Le quotidien souligne que la délégation libanaise continue de défendre plusieurs principes considérés comme non négociables, notamment le retrait israélien complet des territoires libanais, le déploiement de l'armée libanaise, la libération des détenus ainsi que le lancement du processus de reconstruction des régions touchées.

Rubio évoque un accord proche

Avant l'ouverture de la troisième journée de négociations, le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'était montré optimiste.

En déplacement à Bahreïn, il avait estimé que les discussions avaient enregistré «de très bons résultats» la veille et déclaré être «très proche» d'obtenir un engagement de principe entre le Liban et Israël.

L'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, avait pour sa part indiqué que «les négociations avancent et que la coordination se poursuit», tout en soulignant que «le dossier est plus complexe qu'un simple cessez-le-feu».

Des informations contradictoires sur un retrait israélien

Au cours de la journée, Reuters a cité un responsable du département d'État américain affirmant qu'Israël avait accepté de retirer une partie de ses forces de la «zone tampon» dans le sud du Liban, qualifiant ce geste de mesure de bonne volonté envers le gouvernement libanais.

Cette information a toutefois été rapidement démentie.

Des responsables israéliens interrogés par The Times of Israel ont affirmé qu'aucun retrait n'avait été effectué, tandis qu'une source militaire israélienne a assuré n'avoir reçu aucune instruction en ce sens.

Des sources sécuritaires libanaises ont également indiqué à plusieurs médias qu'aucun retrait n'avait été observé sur le terrain.

Commentaires
  • Aucun commentaire