Comme une mesure adoptée à la faveur de la nuit, sans la moindre annonce préalable, un décret modifiant les taxes appliquées aux produits générateurs de déchets a été publié au Journal officiel. Le texte prévoit une hausse comprise entre 1 et 3%, sans fournir davantage de précisions sur la nature des produits concernés ni sur les raisons qui incitent soudainement le ministère de l’Environnement à faire preuve d’une telle conscience écologique dans les circonstances actuelles.
Cette décision serait sans doute passée relativement inaperçue si les instances économiques et les importateurs de biens de consommation n’avaient pas tiré la sonnette d’alarme. Car la loi ne distingue pas les produits générateurs de déchets selon qu’ils sont essentiels ou non, nécessaires ou superflus. Tous sont placés dans le même panier, alors que la quasi-totalité des marchandises produit des déchets à travers l’emballage ou le conditionnement.
Le lait infantile, par exemple, génère des déchets puisqu’il est commercialisé dans des contenants en plastique ou en métal. Il en va de même pour les produits de première nécessité, tels que la farine, le sucre ou les céréales, conditionnés dans des sacs. Dès lors, quels sont les produits qui échappent à cette définition?
Le problème ne réside pas dans la volonté de réduire les déchets, mais dans l’usage qui sera fait de cette ponction fiscale. Si les sommes ainsi collectées étaient effectivement affectées à la lutte contre la pollution et au traitement des déchets générés par les produits importés, la mesure pourrait se justifier et témoigner d’une certaine vision à long terme.
Mais la réalité est tout autre. Depuis plus de dix ans, et plus particulièrement depuis la crise des déchets de 2015, aucune stratégie sérieuse et durable de gestion des déchets n’a vu le jour. Dans ces conditions, ces recettes supplémentaires ne serviront qu’à alimenter les caisses de l’État.
C’est là que se situe le véritable problème. En effet, les ressources du Trésor ne servent pas uniquement à payer les salaires et les rémunérations de fonctionnaires dont beaucoup, selon les critiques récurrentes adressées à l’administration, ne contribuent ni à sa modernisation ni à son efficacité, mais répondent avant tout aux intérêts des partis qui les ont recrutés.
Elles servent aujourd’hui également à financer la reconstruction du Sud après la guerre dévastatrice déclenchée, selon cette lecture des événements, par le Hezbollah, dans le cadre d’une stratégie voulue par l’Iran et mise en œuvre par son allié libanais.
Ainsi, le citoyen libanais, où qu’il vive sur le territoire, est appelé à supporter une taxe pouvant atteindre 3%, avec un effet inflationniste estimé à près de 30% à l’échelle de l’économie, venant s’ajouter à l’inflation déjà provoquée par les crises successives et les guerres. Et ce, parce que certains ont choisi d’entraîner le Liban dans une guerre qui a détruit le Sud et déplacé ses habitants, avant d’exiger ensuite que l’État en assume le coût.
Selon quelle logique et en vertu de quel principe une telle situation peut-elle être jugée acceptable?



Commentaires