Le pétrole se rapproche de ses niveaux d'avant-guerre avec la reprise du trafic à Ormuz
Vue aérienne de réservoirs de stockage de pétrole au terminal d’approvisionnement en carburant Sunoco LP, le 15 juin 2026 à Austin, au Texas. ©Brandon Bell / Getty Images / AFP

Les cours du pétrole se sont rapprochés mercredi de leurs niveaux d'avant-guerre, tombant sous des seuils plus observés depuis les premières frappes américaines et israéliennes contre l'Iran début mars, le marché se montrant rassuré par la reprise progressive du trafic dans le détroit d'Ormuz.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, est passé sous la barre des 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre. Vers 14H10 GMT (16H10 à Paris), le baril pour livraison en août, perdait 4,63%, à 73,51 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, chutait de 4,58%, à 69,86 dollars.

Les passages de navires via le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport d'hydrocarbures notamment, et qui était bloqué par Téhéran, ont augmenté depuis la signature mercredi dernier par les États-Unis et l'Iran d'un protocole d'accord pour mettre fin au conflit, même si le flux reste inférieur à celui d'avant-guerre, selon les données de Kpler.

L'agence maritime de l'ONU a en outre annoncé mardi le début d'un plan pour évacuer les marins et les navires bloqués, précisant avoir obtenu les «garanties de sécurité nécessaires».

En ce qui concerne le pétrole, «les estimations indiquent qu'environ 6 à 7 millions de barils par jour» ont transité par le détroit ces derniers jours, affirment les analystes d'ING.

C'est encore loin des près de 20 millions de barils par jour qui y passaient avant le début de la guerre au Moyen-Orient.

Mais depuis le début de ce conflit, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont considérablement augmenté leurs exportations d'or noir via des pipelines et des ports permettant de contourner le détroit.

Par ailleurs, «le marché envisage l'avenir avec optimisme, l'Iran étant susceptible d'accroître ses ventes de pétrole à l'échelle mondiale à la suite de la levée des sanctions américaines» sur les exportations d'hydrocarbures iraniennes pendant une période de 60 jours, soulignent les analystes de Mind Energy.

D'autres facteurs jouent en faveur de la baisse des cours, comme les flux provenant des réserves stratégiques et la demande chinoise qui demeure plus faible qu'avant la guerre.

Pourtant, «en Russie, les inquiétudes concernant l'approvisionnement en produits raffinés continuent de s'accentuer sur fond d'attaques ukrainiennes persistantes contre les infrastructures énergétiques russes», notent les analystes d'ING.

Moscou a déjà imposé des restrictions à l'exportation d'essence et de kérosène, et le gouvernement «envisagerait désormais d'interdire les exportations de gazole», ce qui «a augmenté l'écart de prix entre le gazole et le Brent» mardi, précisent-ils.

Le gazole, déjà plus cher que le brut, est donc encore plus coûteux en comparaison.

AFP

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