Le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, s'est rendu mercredi à Oman pour préparer des discussions entre des pays du Golfe, l'Irak et l'Iran sur le détroit d'Ormuz, a indiqué à l'AFP un diplomate au fait des discussions.
Ces pourparlers sont distincts des négociations entre Washington et Téhéran, a précisé ce diplomate sous couvert d'anonymat.
Un autre sommet est également prévu en Arabie saoudite entre les États arabes du Golfe, l'Iran et potentiellement d'autres pays voisins pour renouer les liens, a-t-il ajouté sans préciser la date prévue de la rencontre.
Le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant la guerre contre l'Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février.
Le protocole d'accord, signé la semaine dernière par Washington et Téhéran, prévoit sa réouverture et des discussions entre les États riverains, l'Iran et Oman, pour «définir sa future administration et les services maritime».
Les pays du Golfe vont plaider pour la liberté de navigation dans ce passage stratégique et contre l'imposition de droits de passage, tandis que Téhéran devrait exiger des frais de services liés à l'environnement et la sécurité, a expliqué le diplomate.
Le Pakistan, qui a joué le rôle de médiateur dans les discussions entre les États-Unis et l’Iran aux côtés du Qatar, devrait participer à ces discussions.
Quant aux pourparlers distincts sur la réconciliation entre les pays du Golfe et l’Iran, prévus à Riyad, la capitale saoudienne, ils pourraient inclure d’autres pays de la région, selon la même source.
Ces discussions ne devraient pas refléter «une réévaluation de l’Iran de la part des États arabes du Golfe; mais une réévaluation de ce qu’ils peuvent désormais attendre des États-Unis», estime H.A. Hellyer, du Royal United Services Institute de Londres.
Les pays du Golfe chercheraient ainsi un moyen «gérable» de coexister avec leur voisin «compte tenu du manque de fiabilité des États-Unis et d'Israël qui cherche à imposer son propre projet de suprématie régionale», a souligné cet expert du Moyen-Orient.
L'Iran et Oman ont affirmé mardi qu'ils allaient se pencher sur les coûts de la future gestion du détroit d'Ormuz, en soulignant leur souveraineté sur cette voie maritime stratégique.
Selon l'agence de presse omanaise, le Premier ministre qatari a discuté mercredi avec le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, des derniers développements concernant les négociations avec l’Iran.
AFP
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