Les données politiques dans la région ont pris une tournure très différente depuis l’annonce de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, il y a une dizaine de jours.
Le contexte général semble exercer la pression sur Israël, tandis qu’un certain soulagement se fait sentir au sein de l’axe dit de la «moumanaa», même si cet accord n’en est encore qu’à ses prémisses. Le délai prévu pour sa mise en œuvre et la finalisation de ses détails s’étendant jusqu’à la mi-août.
Bien que cet accord n’ait pas encore tranché la bataille en cours dans la région, il a néanmoins conféré un certain avantage rhétorique à l’Iran, suscitant une réaction israélienne marquée et non dissimulée, notamment dans les échanges tendus entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou. Dans leurs déclarations, les deux dirigeants n’ont pas été avares en critiques mutuelles et désapprobations concernant leurs approches respectives.
Cela ne saurait toutefois dépasser, à ce stade, le registre du désaccord conjoncturel, vu que les États-Unis et Israël ne peuvent, pour maintes raisons, se passer l’un de l’autre dans la région. Depuis la guerre froide, plus précisément, Israël s’est imposé comme un partenaire stratégique de Washington au Moyen-Orient; les deux pays partageant de nombreux dossiers liés à la sécurité et à la stabilité régionale, ainsi qu’une coopération militaire constante.
Par le passé, Barack Obama et Joe Biden ont publiquement critiqué Israël marquant leur désaccord avec certaines de ses décisions politiques fondamentales. Toutefois, ces prises de position n’ont pas altéré la relation stratégique entre les deux pays. Par ailleurs, les intérêts israéliens, dont la plupart sont partagés avec les États-Unis, sont restés globalement préservés.
L’essentiel est que les divergences de discours ou de méthodes ne suffisent pas à constituer une rupture entre Washington et Tel-Aviv, mais relèvent davantage de différences tactiques, appelées à se résorber in fine.
Les États-Unis pourraient faire un pas en arrière si les négociations échouent, tandis qu’Israël pourrait avancer ses positions si ses intérêts l’y conduisent.
Mais in fine, les deux parties se retrouveront à la croisée des chemins, là où les circonstances les y contraignent, dans un Moyen-Orient en pleine mutation depuis le 7 octobre, dont les contours semblent désormais s’affirmer et qu’il devient urgent de stabiliser sur le terrain.



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