La Chine a annoncé lundi sanctionner des dizaines d'entreprises américaines, notamment des secteurs de la défense et des terres rares, un mois après la visite à Pékin de Donald Trump, censée œuvrer à la détente entre les deux puissances.
Pékin a justifié ces mesures en partie par la publication, début juin, d'une nouvelle liste noire du Pentagone, qui visait des sociétés comme Alibaba et BYD, accusées de travailler avec l'armée chinoise.
La réplique chinoise risque de compliquer les relations diplomatiques et commerciales entre les deux plus grosses économies de la planète, alors que le président chinois Xi Jinping a été invité à Washington cet automne.
La Chine a annoncé lundi placer dix entreprises et entités américaines sur la liste des organisations vers lesquelles elle interdit les exportations à potentiel «double usage» - c'est-à-dire civil et militaire.
«Il est interdit à toute organisation ou à tout particulier de tout pays ou de toute région de transférer ou de fournir à ces entités des articles à double usage originaires de Chine», a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.
«Toute activité d'exportation en cours doit cesser immédiatement», a-t-il souligné, précisant que la mesure s'appliquait dès ce lundi.
«Inadmissible»
Parmi les entreprises visées figure USA Rare Earth, active dans les terres rares.
Elle fait partie des sociétés américaines qui cherchent à réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de la Chine dans ce secteur crucial pour l'industrie moderne.
Les sociétés Red Cat (solutions de drones et de robots) ou encore AVEOX (fabrication de systèmes électromécaniques de haute puissance), opérant dans la défense, figurent également sur cette liste d'entreprises ciblées par les restrictions chinoises.
Ces dernières ont été prises en «réponse à l'acte inadmissible du gouvernement américain consistant à ajouter de nouvelles entités à sa soi-disant +liste des entreprises militaires chinoises+», a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué séparé.
Le Pentagone avait publié il y a deux semaines l'actualisation d'une liste de dizaines d'entités considérées comme des «compagnies militaires chinoises» opérant directement ou indirectement aux États-Unis.
Il avait notamment ajouté les géants chinois Alibaba (commerce en ligne), Baidu (internet) et BYD (voitures électriques) à une liste antérieure.
Pékin avait alors appelé Washington à «cesser de réprimer» ses entreprises.
Sans mentionner formellement la liste noire du Pentagone, la Chine a également annoncé lundi interdire à ses administrations publiques et ses collectivités locales d'acquérir les produits de 46 entreprises américaines lors de la passation de marchés publics.
Malgré la détente
«Les acheteurs ne sont pas autorisés à acquérir des produits fabriqués» par ces sociétés, a souligné le ministère des Finances dans un communiqué.
La mesure vise plusieurs entités des mastodontes de la défense Lockheed Martin et Raytheon, ainsi que la branche espace, défense et sécurité de l'avionneur Boeing.
Parmi les autres sociétés ciblées figurent des branches de General Dynamics (un concepteur et un fabricant d'équipements militaires avancés) ou encore le fabricant aéronautique Sierra Nevada Corporation, lui aussi spécialisé dans la défense.
Ces annonces interviennent un peu plus d'un mois après la visite en Chine du président Trump.
Lui et son homologue chinois avaient prolongé la relative détente observée depuis octobre 2025 par les deux pays après des mois de farouche guerre commerciale.
La Chine avait fait état juste après la visite de M. Trump de discussions avec les États-Unis afin de réduire leurs droits de douane sur l'équivalent de dizaines de milliards d'euros de marchandises.
Le géant asiatique avait également promis de prendre en compte les «préoccupations légitimes» de Washington en matière de terres rares.
Ludovic Ehret / AFP



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