Cessez-le-feu Israël-Hezbollah: annonces contradictoires et poursuite des frappes au Liban-Sud
Une photo prise le 19 juin 2026 montre le site d’une attaque israélienne ayant détruit des habitations et des ateliers de menuiserie dans le village de Qlaylé, dans le caza de Tyr, au sud du Liban. ©KAWNAT HAJU / AFP

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah a été annoncé vendredi à 16h, heure locale, par un responsable américain cité par Reuters, dans le cadre de discussions impliquant des médiateurs américains et qataris, avec une implication de l’Iran. Selon cette source, «le Hezbollah et Israël ont accepté un cessez-le-feu», intervenant après une journée marquée par des échanges de tirs et une escalade sur le terrain.

Un diplomate du Golfe, cité par l’AFP, a également confirmé l’accord, précisant qu’il s’agit d’un arrangement négocié par le Qatar, les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin aux hostilités.

Le site Axios a aussi cité un responsable américain ayant déclaré que Benjamin Netanyahou aurait «accepté à 100 %» le renouvellement du cessez-le-feu au Liban.

Cependant, malgré ces annonces, la situation sur le terrain est restée confuse et marquée par la poursuite des opérations militaires israéliennes.

Bilan humain lourd

Le Centre des opérations d’urgence du ministère libanais de la Santé publique a annoncé, dans un communiqué, que les frappes aériennes intensives menées par Israël depuis minuit jusqu’à cet après-midi (vendredi) ont fait, dans un bilan actualisé, 47 morts et 97 blessés.

Il s'agit du bilan le plus lourd depuis l'annonce de la conclusion de l'accord irano-américain lundi, qui prévoit un arrêt des hostilités «sur tous les fronts, y compris au Liban». 

Le ministère  de la Santé a aussi publié un bilan humain depuis le 02 mars: 3.980 tués et 12.001 blessés.

Poursuite des frappes israéliennes après l’annonce

Peu après l’annonce du cessez-le-feu, des sources locales ont fait état de nouvelles frappes israéliennes sur plusieurs zones du Liban-Sud. Les frappes ont visé notamment Kfarremmane, Nabatiyé el-Faouqa, Kfar Sir, Zbadin, Choukin, Jabal el-Rafih, Rihane, Adchit et Habbouche dans le caza de Nabatiyé, peu après l’annonce du cessez-le-feu.

Dans le même temps, le Jabal el-Rafih, dans l’Iqlim al-Touffah, a été visé par des bombardements d’artillerie. Des rapports préliminaires évoquent des morts et des blessés à la suite de frappes aériennes intenses sur la ville de Nabatiyé et plusieurs de ses localités.

Accusations de violation et intensification des opérations

Du côté israélien, le porte-parole de l’armée, Avichay Adraee, a accusé le Hezbollah d’avoir «violé le cessez-le-feu», affirmant que le mouvement tentait d’empêcher l’armée israélienne de poursuivre la destruction de ses capacités militaires.

Il a indiqué que plus de 100 cibles du Hezbollah ont été frappées au cours des dernières heures dans différentes régions du Liban, notamment dans la Békaa et à Nabatiyé, faisant état de dizaines de combattants tués.

Selon lui, l’armée israélienne conserve une «liberté opérationnelle totale» pour éliminer les menaces, sur instruction du chef d’état-major, qui a ordonné la mise à disposition de toutes les capacités militaires sur le terrain.

Positions officielles israéliennes

Un responsable israélien cité par Reuters a confirmé que l’État hébreu est engagé dans un cessez-le-feu, déclarant : «Si le Hezbollah ne nous attaque pas, nous ne sommes plus en situation de guerre», tout en précisant que les forces israéliennes resteront déployées dans le sud du Liban.

Dans le même esprit, le porte-parole de l’armée israélienne, Efi Deffrin, a indiqué que les forces déployées resteront dans la «zone tampon», une zone d’environ 10 kilomètres de profondeur au Liban-Sud, tant que les citoyens israéliens seront menacés. Il a également affirmé que les troupes disposent d’une liberté d’action contre toute menace identifiée sur le terrain.

Interrogé sur la possibilité de frappes à Beyrouth, il a précisé que l’armée agit «conformément aux directives de l’échelon politique».

Déclarations du Hezbollah et médiation internationale

Selon deux sources citées par Reuters, le Hezbollah aurait indiqué respecter le cessez-le-feu dès sa mise en vigueur. La milice a toutefois été accusée par Israël de violations immédiates.

Par ailleurs, des responsables américains auraient transmis à l’Iran qu’Israël ne poursuivrait pas une escalade supplémentaire au Liban, tout en estimant que «la responsabilité d’arrêter les attaques incombe au Hezbollah».

Le groupe chiite a dénoncé «des massacres de civils». Ses combattants »défendront leur terre et leur peuple avec un grand courage et un esprit de sacrifice», a-t-il assuré avant l'annonce d'une trêve.

Une trêve annoncée mais fragilisée

Alors que plusieurs sources diplomatiques confirment l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, le Qatar et l’Iran, la situation sur le terrain reste marquée par des frappes continues, des accusations de violations et des positions militaires maintenues dans le sud du Liban.

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