États-Unis: réexamen de la présence militaire en Europe et nouvelles pressions sur les alliés de l’OTAN
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, arrive pour participer à une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN au siège de l'organisation, à Bruxelles, le 18 juin 2026. ©JOHN THYS / AFP

Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a annoncé jeudi le lancement d’un réexamen de six mois portant sur la présence militaire des États-Unis en Europe, en marge d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles.

Ce réexamen, a-t-il précisé, portera à la fois sur le déploiement des forces américaines et sur leur implantation sur le continent. Il vise, selon lui, à accélérer la transition vers une Europe «davantage responsable de sa propre défense», assumant une part plus importante du fardeau sécuritaire.

Pete Hegseth a également insisté sur la nécessité de garantir aux États-Unis un accès clair et sécurisé aux infrastructures de l’Alliance, notamment les bases, les espaces aériens et les zones de déploiement, qu’il juge essentiels aux opérations américaines.

Dans un contexte marqué par des tensions liées à la guerre contre l’Iran, il a critiqué certains alliés européens pour avoir refusé d’accorder aux forces américaines l’usage de bases de l’OTAN sur leur territoire, estimant que cela avait compliqué la coordination militaire.

Le responsable américain a par ailleurs averti que la contribution financière des États-Unis à l’Alliance pourrait être revue à la baisse si les autres membres ne respectaient pas leurs engagements en matière de dépenses de défense, fixés lors du sommet de La Haye.

Il a toutefois adopté un ton plus conciliant en saluant les efforts déjà consentis par plusieurs alliés, notamment en Europe et au Canada, tout en appelant certains pays à accroître davantage leurs budgets militaires.

De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en avant une hausse significative des dépenses de défense des alliés, estimée à environ 90 milliards de dollars en un an, soit près de 20 % d’augmentation.

Les 32 membres de l’Alliance se sont engagés à porter leurs dépenses de sécurité à 5 % du PIB d’ici 2035, dont 3,5 % consacrés strictement aux dépenses militaires. Si l’ensemble des pays avait atteint le seuil de 2 % fixé en 2014, certains États seraient aujourd’hui repassés en dessous, tandis que d’autres restent proches du minimum requis.

Ce dossier sera au cœur du prochain sommet de l’OTAN prévu le 8 juillet à Ankara, dans un contexte de pressions américaines renouvelées sur le partage du fardeau et alors que Washington procède déjà à des ajustements de sa présence militaire en Europe.

Avec AFP

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