Norvège: l'heure du verdict pour le fils de la princesse héritière, jugé pour viols
Un croquis d'audience représente Marius Borg Hoiby, fils de la princesse héritière norvégienne Mette-Marit, lors de la première journée d'un procès devant le tribunal de district d'Oslo, le 3 février 2026. ©ANE HEM / VARIOUS SOURCES / AFP

Jugé pour des viols et des violences, Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière de Norvège, va être fixé sur son sort lundi dans une affaire retentissante qui a écorné l'image de la monarchie.

Né d'une relation antérieure au mariage de sa mère Mette-Marit avec le prince héritier Haakon en 2001, Høiby, qui n'a ni fonction officielle ni profession fixe, a dû répondre de 40 chefs d'accusation lors de son procès du 3 février au 19 mars.

Cet homme de 29 ans conteste les accusations les plus graves, à savoir les viols de quatre femmes qui n'étaient pas en état de résister, et des violences répétées contre une ex-compagne.

Le tribunal d'Oslo doit rendre son verdict à partir de 08h30 (06h30 GMT). En détention provisoire depuis début février, Høiby suivra sa lecture à distance, par lien vidéo, pour des raisons de santé non précisées.

Le parquet a requis sept ans et sept mois de prison. De son côté, la défense a demandé son acquittement pour les accusations de viols et plaidé pour une peine d'un an et demi de prison pour d'autres faits.

Sauf énorme surprise, Høiby devrait passer un certain temps derrière les barreaux puisqu'il a reconnu certains faits, notamment le transport de 3,5 kg de marijuana, des atteintes à l'intégrité physique et des menaces.

Vie pleine d'excès

La procédure judiciaire a exposé au grand jour la vie pleine d'excès du jeune homme, propulsé dans la sphère publique dès l'âge de trois ans par la romance entre Mette-Marit et Haakon.

«Je suis surtout connu comme le fils de ma mère, pas comme autre chose. J'ai donc eu un besoin de reconnaissance extrêmement élevé toute ma vie», a-t-il déclaré au deuxième jour du procès.

«Et ça s'est traduit par beaucoup de sexe, beaucoup de drogues et beaucoup d'alcool», a-t-il ajouté.

Les viols présumés, dont l'un au domicile du couple princier, auraient été commis entre 2018 et 2024 après des soirées festives au cours desquelles Høiby avait consommé alcool et stupéfiants.

Selon l'accusation, des relations sexuelles consenties auraient chaque fois été suivies d'autres actes, illégaux ceux-là, les jeunes femmes semblant alors endormies.

Le débat judiciaire a notamment porté sur l'état de conscience des victimes présumées et sur ce que Høiby pouvait percevoir au moment des faits.

Dans son réquisitoire, le procureur Sturla Henriksbø a décrit un accusé «qui se croit tout permis».

Malgré ses explications confuses et ses trous de mémoire, Høiby a martelé n'avoir pas «pour habitude d'avoir des rapports sexuels avec des femmes qui dorment».

Il a aussi dénoncé la pression médiatique qui, dit-il, a fait de lui «un monstre», «cible de la haine de toute la Norvège».

«Régime de terreur»

L'affaire éclate le 4 août 2024 quand Høiby est arrêté, soupçonné d'avoir agressé sa compagne la nuit précédente dans les beaux quartiers d'Oslo. La presse publie alors la photo d'un couteau planté dans un mur et d'un lustre brisé au sol.

Une autre femme, l'influenceuse Nora Haukland, affirme ensuite avoir elle aussi subi des violences physiques et psychologiques — un «régime de terreur», dira l'accusation. Au procès, Høiby reconnaîtra que la jalousie peut lui faire perdre la tête.

C'est en analysant ses téléphones et ordinateurs que les enquêteurs ont retrouvé des vidéos documentant ce qu'ils considèrent comme des viols.

Si Høiby ne fait pas formellement partie de la Maison royale, l'affaire a plongé la monarchie norvégienne dans l'embarras et contribué à affaiblir le soutien de l'opinion publique, qui demeure toutefois relativement élevé.

Elle s'ajoute à d'autres scandales, notamment aux récentes révélations sur une correspondance soutenue entre Mette-Marit et le criminel sexuel Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014, alors que le financier américain avait déjà été condamné pour sollicitation de prostitution auprès d'une mineure.

Atteinte d'une maladie pulmonaire incurable, la princesse de 52 ans a vu son état de santé se dégrader nettement ces derniers mois, au point que les médecins l'ont placée sur une liste d'attente pour une délicate transplantation.

Affirmant vouloir être auprès de sa mère gravement malade, Høiby avait demandé à être remis en liberté dans l'attente du verdict, sans obtenir gain de cause.

AFP

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