Les Bourses mondiales évoluent dans le vert jeudi, les investisseurs privilégiant le scénario d'une désescalade au Moyen-Orient malgré le regain de tensions, tandis que le recul des cours du pétrole soutient l'appétit pour le risque.
«Les actions européennes progressent et les contrats à terme américains évoluent également dans le vert, tandis que les prix du pétrole reculent après que des sources iraniennes ont indiqué que les négociations de paix "s'intensifiaient"», commente Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.
Des informations contradictoires ne cessent de parvenir du Moyen-Orient, avec un cessez-le-feu vu comme désormais «pratiquement dénué de sens» selon la diplomatie iranienne jeudi, après une nouvelle nuit de bombardements américains se rapprochant de Téhéran, auxquels l'Iran a riposté en frappant ses voisins du Golfe et la Jordanie.
Si des négociateurs qataris étaient à Téhéran jusqu'à jeudi matin pour des discussions avec des responsables iraniens - menées d'après une source diplomatique en coordination avec Washington -, il n'est pour l'heure plus question d'accord.
L'autorité maritime iranienne a aussi confirmé jeudi la fermeture totale du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les hydrocarbures, alors que des responsables américains contestent ces affirmations, assurant «que le trafic maritime restait opérationnel», note Fawad Razaqzada, analyste marchés chez Forex.com.
«Malgré la récente escalade, le marché continue de considérer que la situation évolue dans la bonne direction et que le risque extrême d'un scénario très défavorable (...) s'est fortement réduit», souligne M. Wilson.
Les cours du pétrole s'inscrivent donc en baisse, malgré l'intensification du conflit, les marchés privilégiant pour l'instant l'hypothèse d'une désescalade plutôt que celle d'une perturbation durable de l'approvisionnement.
Vers 12H15 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, cédait 1,20% à 91,98 dollars le baril et le WTI, son équivalent américain, perdait 1,04% à 89,09 dollars.
Les Bourses mondiales dans le vert
Les marchés d'actions mondiaux bénéficient «d'un léger rebond au début de la séance européenne de jeudi, les investisseurs accueillant favorablement le recul des prix du pétrole après leur forte hausse durant la nuit», note M. Razaqzada.
À Wall Street, les contrats à terme des principaux indices penchent vers une ouverture en nette hausse.
En Europe, la Bourse de Paris prenait 0,35%, Londres 0,49% et Milan 0,79% vers 12H15 GMT. Seule Francfort perdait 0,28%.
«Cette amélioration du sentiment intervient après plusieurs séances agitées dominées par les tensions géopolitiques et les inquiétudes liées à l'inflation», poursuit l'analyste de Forex.com.
La Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs relevé jeudi de 0,25 point de pourcentage ses taux directeurs, restés inchangés depuis juillet 2025, pour contrer l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient. L'annonce, déjà largement anticipée par les marchés, n'a pas provoqué de réaction majeure sur les cours de Bourse.
«L'aspect le plus intéressant de cette décision réside dans l'équilibre délicat que la BCE tente d'adopter», estime Daniela Hathorn, de Capital.com.
«Les responsables monétaires sont manifestement déterminés à ne pas répéter les erreurs de 2022, lorsque l'inflation avait initialement été considérée comme transitoire et que la BCE avait été largement critiquée pour avoir réagi trop lentement alors que les pressions sur les prix s'enracinaient dans l'économie», explique-t-elle.
L'institution monétaire a d'ailleurs de nouveau bouleversé jeudi ses prévisions macroéconomiques pour 2026 face à la hausse persistante des prix de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient, anticipant une inflation nettement plus élevée et une croissance légèrement plus faible cette année.
Le thème de l'IA toujours central
Sur les marchés d'actions, «les valeurs technologiques, et en particulier les fabricants de semi-conducteurs, restent au centre de l'attention après une période de forte volatilité», souligne Fawad Razaqzada.
«La rapidité et l’ampleur des ventes récentes suggèrent que certains intervenants commencent à s’interroger sur la capacité des valorisations à continuer de progresser plus vite que les bénéfices», poursuit-il.
Dans les échanges électroniques avant l'ouverture de Wall Street, Oracle chutait de plus de 11%, «la société devenant la dernière grande valeur liée à l'intelligence artificielle à solliciter les marchés financiers pour lever des capitaux», à savoir «20 milliards de dollars supplémentaires sous forme d'actions et de dette afin de financer ses investissements liés à l'IA», explique Neil Wilson.
AFP



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