La vie chère pèse sur les droits des Européens, selon le rapport annuel de l'Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) publié jeudi, qui évoque aussi la haine grandissant en ligne et l'intégration perfectible des travailleurs étrangers.
«Partout dans l’UE, les gens subissent des pressions au quotidien en raison de la crise prolongée du coût de la vie», a déclaré la directrice de la FRA Sirpa Rautio dans ce rapport.
Les prix de l’immobilier ont notamment augmenté de 53,4% dans l’ensemble de l’UE entre 2015 et 2024, tandis que les loyers ont progressé de 16,8% sur la même période, d'après l'agence basée à Vienne, en Autriche.
Selon les estimations de la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa), 1.287.000 personnes étaient sans domicile fixe dans l’UE en 2025.
«L’environnement international imprévisible et les guerres en cours ont des répercussions ici même, chez nous – notamment sur le sentiment de sécurité et de bien-être des populations», a déploré Mme Rautio.
Autre phénomène : plus d’une personne sur trois dans l’UE a été confrontée à des contenus haineux en ligne.
L’UE dispose pourtant de lois pour réguler Internet, mais «leur application s’est heurtée à des difficultés, notamment pour réclamer des comptes aux grandes plateformes technologiques et en raison de certaines résistances politiques en dehors» du bloc, selon la directrice.
Troisième grande tendance soulevée par le rapport en 2025, «l’existence de problèmes sérieux liés à l’emploi, qui touchent les travailleurs de pays tiers».
«Alors que les mesures de soutien aux personnes fuyant la guerre en Ukraine ont permis leur inclusion plus rapide sur le marché du travail, d’autres ressortissants ont eu besoin d’au moins cinq ans pour atteindre des niveaux similaires de taux d’emploi», selon la FRA.
Les demandeurs d'emplois étrangers sont plus souvent que le reste de la population surqualifiés par rapport aux postes occupés, discriminés et exposés à l'exploitation.
Pourtant, l'UE est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre, ne parvenant ni à attirer des personnes diplômées, ni à retenir les talents, d'après la FRA.
Le rapport couvre l’ensemble des 27 États membres de l’UE, ainsi que l’Albanie, la Macédoine du Nord et la Serbie.
AFP



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