Donald Trump a jugé mercredi que l’Iran avait été trop long à négocier et allait désormais «en payer le prix», un nouveau revirement du président américain qui avait promis la veille un accord imminent avec Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
«Ils ont mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux, maintenant ils vont devoir en payer le prix», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
«L’armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l’air, n’existe même plus, elles ont été totalement vaincues», a-t-il ajouté. «L’Iran, c’est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!»
Mardi pourtant, il avait annoncé un «très très bon accord» à venir sous «deux à trois jours».
Mais les espoirs permis par cette déclaration ont vite été douchés par de nouveaux échanges de tirs tôt mercredi, à la veille du coup d’envoi d’une Coupe du monde de football à la saveur particulière, où la sélection iranienne jouera sur le sol américain.
L’Iran a lancé des missiles et drones vers ses voisins du Golfe et la Jordanie en réponse à des frappes américaines sur l’Iran, elles-mêmes déclenchées par la destruction d’un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.
La diplomatie «est mise à mal par le recours à la force», a déclaré mercredi le ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dénonçant les «messages contradictoires» de Washington et ses «violations répétées du cessez-le-feu» conclu le 8 avril.
L’Iran venait de revendiquer des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l’armée a affirmé faire face à «des cibles aériennes hostiles» sans préciser leur provenance.
Extrêmement préoccupée
Avant cela, Donald Trump avait prévenu qu’il devrait «nécessairement répliquer» après qu’un hélicoptère américain survolant le détroit d’Ormuz a été abattu lundi. L’Iran n’a pas évoqué l’attaque mais a cependant semblé vouloir la minimiser.
«Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d’être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu’elles partent», a écrit le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur X.
Les frappes américaines en représailles ont notamment ciblé dans la nuit les villes de Jask et Sirik et l’île de Qeshm, sur la côte sud de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, toujours verrouillé par l’Iran. Deux réservoirs ont été détruits, privant 20 000 habitants d’eau potable selon la télévision d’État.
La Russie s’est dite «extrêmement préoccupée» et a appelé à «la retenue et à une cessation immédiate des attaques armées». La Chine, tout aussi «profondément préoccupée», a réclamé «des mesures concrètes pour apaiser les tensions» et «stopper l’escalade».
Mission de l’ONU au Liban
Les attaques réciproques entre l’Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran le 8 avril.
L’Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe le Liban, où s’affrontent depuis le 2 mars son allié du Hezbollah et Israël.
Donald Trump avait exhorté les deux pays à cesser «immédiatement» les hostilités. Il cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux États-Unis, qu’il a déclenché aux côtés d’Israël le 28 février.
Plus de 3.600 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la guerre. L’ONU a annoncé l’envoi d’une mission pour enquêter sur les violations des droits humains.
Sur place, une frappe a tué mercredi deux personnes à bord d’une voiture dans le centre de Saïda.
Encore plus au sud, Tyr et ses environs restent pilonnés sans relâche par l’armée israélienne, avec au moins 11 morts mardi selon les autorités libanaises.
AFP



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