Les cours du pétrole tergiversent mercredi malgré les nouvelles frappes échangées entre les États-Unis et l'Iran, le marché restant convaincu qu'un accord pour débloquer le détroit d'Ormuz sera trouvé avant que les réserves d'or noir ne s'épuisent.
L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.
Ce nouveau revers pour les négociations entre les deux pays intervient alors que Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un «très, très bon accord» pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de «deux à trois jours».
Ce regain de tension est défavorable à une réouverture rapide du détroit d'Ormuz, dont la quasi-paralysie orchestrée par l'Iran obstrue très largement les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe.
Mais les cours du pétrole demeurent à des niveaux relativement bas. Vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 0,46% à 91,03 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, cédait 0,63% à 87,64 dollars.
«Il est difficile de concilier l'absence actuelle d'anxiété (du marché) avec le conflit perpétuel qui fait sombrer la région pétrolière la plus stratégique du monde», estime Tamas Varga de PVM.
Selon l'analyste, une majorité d'investisseurs est convaincue «que l'offre pétrolière mondiale ne basculera pas dans un déficit ingérable par rapport à la demande».
Pour ces derniers, puiser dans les réserves existantes permettra de «garantir un flux d'approvisionnement régulier», et un accord entre Washington et l'Iran sera atteint avant l'épuisement des stocks.
En effet, selon un rapport publié mardi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), pour répondre à la demande, le monde a de plus en plus fait appel aux stocks mondiaux de pétrole, qui compensent pour l'instant la réduction drastique de la production pétrolière.
Les arrêts de production ont amputé l'offre de «11,3 millions de barils par jour en mai», et ceux-ci «continueront d'augmenter au cours du deuxième trimestre 2026, à mesure que les niveaux de stockage, en particulier en Iran, atteindront leurs limites maximales», affirme l'EIA.
Cependant, en raison du recours aux réserves et des défis logistiques auxquels seront confrontés les pays du Golfe pour relancer leur production, même si le détroit d'Ormuz ouvrait rapidement, «le marché mettra beaucoup de temps à se normaliser» et les cours ne redescendront pas aux alentours de 60 à 70 dollars comme en début d'année, explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
AFP



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