Les marchés mondiaux pris entre guerre au Moyen-Orient, inflation et essoufflement de l'IA
Un panneau électronique d’affichage indique une baisse de 9,70 % du cours de l’action du groupe SoftBank (en haut à droite) à la Bourse de Tokyo, dans une rue de Tokyo, le 10 juin 2026. ©KAZUHIRO NOGI / AFP

Les marchés mondiaux restent sur la défensive mercredi, tiraillés entre l'escalade des tensions au Moyen-Orient, les craintes inflationnistes et les interrogations croissantes sur les valorisations du secteur technologique avant la publication de l'inflation américaine.

L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional.

«Le cessez-le-feu, enfin, si l'on peut l'appeler ainsi, a volé en éclats», résume Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.

Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un «très, très bon accord» pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de «deux à trois jours». Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.

Pourtant, «le pétrole reste de manière surprenante relativement calme», remarquent les analystes de Natixis, les cours se stabilisant.

Vers 07H20 GMT, le Brent de la mer du Nord prenait à peine 0,03% à 91,48 dollars le baril, quand le WTI, son équivalent américain, perdait 0,03% à 88,17 dollars le baril.

Cette consolidation des prix «signifie que le marché ne valorise toujours pas une perturbation majeure de l'offre, mais recommence à intégrer le risque d'inflation», estime Florian Ielpo, de Lombard Odier IM.

«Cela ne signifie pas que le risque géopolitique a disparu. Il est simplement éclipsé pour l'instant par un positionnement plus défensif des investisseurs ainsi que par les préoccupations concernant la demande, les perspectives de politique monétaire et les ajustements de positionnement des investisseurs», souligne Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

L'inflation américaine attendue

«La contrainte macroéconomique qui relie pétrole, inflation et taux d'intérêt continue de peser sur les marchés», poursuit par ailleurs M. Ielpo.

Sur les marchés d'actions, la nervosité et la volatilité augmentent à l'approche de la publication plus tard mercredi de l'indice des prix à la consommation (CPI) américain du mois de mai.

En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,45%, Francfort 0,05%, Londres 0,16% et Milan 0,66%.

Ces données «constituent donc aujourd'hui l'événement le plus suivi. Elles pourraient entériner l'idée que la Réserve fédérale (Fed) abandonnera définitivement, dès la semaine prochaine, sa préférence pour une baisse prochaine des taux», note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.

La publication du jour est «particulièrement importante car les dernières semaines ont vu se multiplier les spéculations sur une éventuelle hausse des taux de la Réserve fédérale», insiste également Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.

Et en Europe, la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi sera scrutée. L'institution devrait monter ses taux pour la première fois depuis trois ans.

Le secteur tech à la peine

«Le secteur technologique, qui a porté la hausse des marchés jusqu'à présent, montre des signes d'essoufflement», relève Mme Ozkardeskaya.

Les places asiatiques s'inscrivent en franche baisse, «toujours pénalisées par les pressions qui continuent de peser sur les valeurs liées à l'intelligence artificielle» (IA), souligne Jim Reid.

L'indice sud-coréen Kospi, largement composé de valeurs technologiques, a dévissé de 4,52%.

«La chute du marché sud-coréen, l'une des expressions les plus représentatives du thème mondial de l'IA, suggère que les investisseurs réévaluent désormais la part de croissance future déjà intégrée dans les cours boursiers», estime Patrick Munnelly.

Le Nikkei japonais a perdu 1,89%, tandis que la Bourse de Taiwan a chuté de 3,31%.

La Bourse de Hong Kong perdait quant à elle 0,74% dans les derniers échanges.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire