Cisjordanie: nouvelles sanctions occidentales contre des entités et colons israéliens
Des gardes-frontières israéliens arrivent pour évacuer des colons israéliens (à gauche) qui tentaient de perturber la récolte des olives dans une oliveraie près du village palestinien de Silwad, au nord-est de Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël, le 29 octobre 2025. ©Zain Jaafar / AFP

Plusieurs pays occidentaux, dont le Royaume-Uni et la France, ont annoncé de nouvelles sanctions mardi contre des entités et individus israéliens impliqués dans les violences et l'expansion illégale des colonies en Cisjordanie occupée, des mesures qualifiées de «honteuses» par Israël.

«Nous avons agi de concert pour mettre en place des sanctions et d'autres mesures afin que les colons extrémistes rendent des comptes pour les terribles violences qu'ils commettent contre des civils palestiniens», indiquent dans un communiqué conjoint l'Australie, le Canada, la France, la Norvège et le Royaume-Uni.

«Il y a trop longtemps que les colons agissent presque en toute impunité tandis que l'expansion des colonies et la création d'avant-postes se poursuivent avec le soutien et l'aide du gouvernement israélien», poursuivent-ils.

Demandant au gouvernement israélien d'agir «rapidement» pour garantir que «les auteurs des violences en Cisjordanie rendent véritablement des comptes», ces cinq pays se disent prêts, le cas échéant, à «prendre de nouvelles mesures».

Israël a aussitôt dénoncé des «mesures honteuses», prises dans une «tentative d'imposer une position politique concernant le droit des Juifs à s'installer sur la terre d'Israël et au sujet du conflit israélo-palestinien», a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein.

Avertissement aux entreprises

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Malgré les appels répétés de nombreux pays occidentaux à cesser les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée, le gouvernement israélien n'a pris aucune mesure concrète pour y mettre fin.

Les dernières mesures (gel des avoirs, interdiction de territoire...) varient d'un pays à l'autre. Londres a annoncé des sanctions contre «six entités et une personne impliquées dans le financement, la facilitation et la perpétration de violences de colons en Cisjordanie occupée».

Devant le Parlement, la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper a également appelé mardi les citoyens et entreprises britanniques à ne «mener aucune activité économique ou financière dans les colonies israéliennes illégales».

«Solution à deux États menacée»

Le gouvernement irlandais va présenter mercredi une législation interdisant le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie, une première pour un État membre de l'Union européenne, a annoncé mardi la ministre des Affaires étrangères Helen McEntee.

Les sanctions canadiennes visent «deux personnes et cinq entités», tandis que la France sanctionne «quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents», sans préciser lesquels.

Paris a aussi décidé d'interdire son territoire au ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, après une mesure similaire prise fin mai contre le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite.

Elle rejoint ainsi le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège qui avaient sanctionné ces deux ministres en juin 2025, les accusant d'«incitation à la violence» contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie.

«Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne», a déploré sur X le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.

M. Barrot avait déjà dénoncé dimanche le projet E1 lancé par le gouvernement israélien pour construire des milliers de logements sur une zone de 12 km² en Cisjordanie, qui compromettrait la continuité territoriale d'un éventuel État palestinien.

Ce projet «représente une menace considérable sur la solution à deux États», a-t-il souligné sur RTL, avant une réunion internationale consacrée à cette question prévue vendredi à Paris.

De son côté, la Norvège a décidé de s'aligner sur les sanctions adoptées fin mai par l'UE contre trois personnes et quatre entités en raison «d'abus sérieux et systématiques» en Cisjordanie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait alors dénoncé une «faillite morale» de l'UE.

AFP

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