Des habitants de la ville de Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan, ont raconté à l'AFP avoir vu plusieurs femmes être interpellées par la police des mœurs. La mission des Nations unies en Afghanistan s'est dite «préoccupée» par ces arrestations pour «non-conformité présumée» aux exigences vestimentaires imposées par les autorités talibanes.
Ces habitants ont indiqué avoir vu samedi des femmes arrêtées parce qu'elles ne portaient ni tchador ni burqa, deux vêtements couvrant entièrement le corps. Ils se sont confiés à l'AFP sous couvert d'anonymat pour des raisons de sécurité.
«J'ai vu deux employés du ministère, dont l'un tenait un fouet, faire monter dans un véhicule deux femmes qui ne portaient pas le tchador», a raconté une femme de 23 ans, faisant référence aux agents du ministère de la Propagation de la vertu et de la Prévention du vice (PVPV).
Elle a précisé que les femmes interpellées étaient pourtant entièrement couvertes et portaient notamment un voile islamique.
«Tout le monde a peur», a-t-elle confié à l'AFP.
«La majorité des personnes arrêtées étaient des femmes qui ne portaient pas le tchador», a expliqué une autre témoin âgée de 27 ans.
Contacté par l'AFP, le ministère de la Propagation de la vertu et de la Prévention du vice a assuré qu'«il n'y a rien d'inhabituel à Hérat».
Le code vestimentaire «est un commandement divin et une loi en vigueur, et nous sommes obligés de l'appliquer», a ajouté le ministère.
Un journaliste de l'AFP ainsi que plusieurs habitants de Hérat ont constaté une chute importante du nombre de femmes présentes dans les espaces publics.
«On ne les voit plus du tout en ville» et «on nous a dit de ne pas transporter de femmes sans tchador», a témoigné auprès de l'AFP un chauffeur de taxi de 20 ans.
Selon une femme de 33 ans, «la situation est devenue très difficile».
«Je suis profondément triste de voir que nous n'avons même plus le droit de respirer librement», a-t-elle déclaré.
La mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a indiqué dimanche être «préoccupée par de multiples arrestations et détentions de femmes à Hérat, en Afghanistan, pour non-conformité présumée avec les exigences vestimentaires».
Les autorités talibanes gouvernent selon une interprétation stricte de la loi islamique et ont progressivement renforcé les restrictions imposées aux femmes depuis leur retour au pouvoir en août 2021.
À l'échelle nationale, les femmes doivent être entièrement couvertes lorsqu'elles quittent leur domicile. Beaucoup portent une longue abaya accompagnée d'un voile islamique et d'un couvre-visage.
AFP



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