Le pétrole bondit à cause des échanges de frappes entre Israël et l'Iran
Une vue aérienne montre des réservoirs de stockage de pétrole au port de Tsing Yi à Hong Kong, le 17 mars 2026. © Peter Parks / AFP

Les cours du pétrole ont fortement progressé lundi après les attaques directes entre Israël et l'Iran, qui menacent les négociations visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient et ravivent les craintes d'un embrasement régional.

Vers 09h00 GMT (11h00 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, gagnait 4,90% à 97,65 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en juillet, avançait de 4,88% à 94,96 dollars.

Après 100 jours de conflit et deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu déjà fragilisé, la région connaît une nouvelle montée des tensions.

Les appels à la retenue lancés par le président américain Donald Trump à l'attention d'Israël, après les tirs de missiles iraniens présentés comme un «avertissement» en réponse à un bombardement israélien de la banlieue sud de Beyrouth, n'ont pas empêché une nouvelle escalade.

Israël a annoncé avoir frappé «des cibles militaires» en Iran, tandis que la télévision d'État iranienne a fait état d'explosions à Téhéran ainsi que dans les villes de Tabriz et d'Ispahan.

«Cette escalade est la plus grave depuis le cessez-le-feu du 8 avril et a considérablement fait reculer les négociations de paix», estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

De son côté, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé Washington d'être impliqué dans les opérations israéliennes.

«Personne ne croit que le régime sioniste entreprendrait une quelconque action sans coordination et coopération préalables avec les États-Unis», a-t-il déclaré, soulignant «la responsabilité des États-Unis».

L'Iran a toutefois assuré que les efforts de médiation menés par le Pakistan pour tenter de mettre fin à la guerre avec les États-Unis se poursuivaient.

Malgré cette flambée des cours, le pétrole reste en dessous des sommets atteints fin avril, lorsque le Brent avait culminé à 126,41 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le début de la guerre.

Selon les analystes de Société Générale CIB, la Chine contribue actuellement à limiter la pression sur les marchés.

Le pays, qui dispose d'importantes réserves stratégiques, «joue le rôle clé de force de rééquilibrage du marché, en réduisant discrètement ses importations de brut passées d'environ 11,7 millions de barils par jour en février à un peu moins de 9 millions fin mai, parallèlement à une baisse du taux d'utilisation des raffineries».

Les analystes soulignent également que «la communication de Washington» continue d'influencer les marchés, qui espèrent encore qu'un accord diplomatique pourra être trouvé avant que la baisse des réserves mondiales ne débouche sur des tensions d'approvisionnement plus importantes.

AFP

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