Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a déclaré que les négociations entre Washington et Téhéran butaient notamment sur la question des avoirs iraniens gelés à l'étranger, dans une interview télévisée diffusée vendredi.
L'Iran fait l'objet depuis des décennies de sanctions américaines qui pénalisent son économie et son système financier. Le pays a en outre vu ses avoirs à l'étranger gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979.
«S'il (Donald Trump) souhaite parvenir à un accord avec l'Iran, ces 24 milliards de dollars constituent un test de confiance», a estimé M. Rezaï, selon des propos en anglais traduits du persan, issus d'une interview à la chaîne américaine CNN.
Il n'existe pas de chiffres officiels concernant les avoirs iraniens gelés, mais les médias locaux ont estimé récemment que ce montant était de l'ordre de 100 à 123 milliards de dollars.
L'Iran conditionne tout accord avec les États-Unis au déblocage d'une partie de ces avoirs pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
«C'est un test que les États-Unis doivent réussir pour ouvrir la voie» à un accord, a ajouté cet ancien chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.
«Il s'agit de notre propre argent, pas de celui des États-Unis», a souligné Mohsen Rezaï.
Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février des frappes contre l'Iran, qui ont été le point de départ d'un conflit qui ébranle l'économie mondiale en raison de son extension au reste du Moyen-Orient avec les représailles iraniennes.
Téhéran et Washington se sont accordés sur un cessez-le-feu le 8 avril, grâce à une médiation pakistanaise.
Mais les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures verrouillée par l'Iran.
Mohsen Rezaï a averti que l'Iran «étendrait le conflit» au-delà du Golfe si les États-Unis relançaient les hostilités.
«Nous donnerons une autre dimension à la guerre en attaquant d'autres bases américaines que celles attaquées jusqu'à présent», a insisté le conseiller, ajoutant toutefois que «la probabilité d'une guerre est faible».
AFP



Commentaires