Le président Vladimir Poutine a rejeté vendredi l’idée d’une rencontre en tête-à-tête proposée par son homologue ukrainien tant qu’un accord final n’aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
«Je ne vois pas l’intérêt d’une rencontre. Cela n’a d’intérêt que pour la partie ukrainienne afin d’arrêter l’avancée de nos forces armées», a affirmé M. Poutine depuis le Forum économique international, où il était très attendu sur les difficultés économiques rencontrées par son pays sanctionné par les Occidentaux à cause du conflit en Ukraine.
Le président russe répondait à une question sur la proposition de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’une rencontre en tête-à-tête afin de négocier une résolution du conflit, faite la veille dans une lettre ouverte.
«Un jour»
La guerre en Ukraine, entrée dans sa cinquième année, a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés, et causé des dégâts immenses, particulièrement dans l’Est de l’Ukraine, partiellement sous contrôle de Moscou.
Selon le président russe, «les hostilités prendront fin un jour», lorsque la Russie aura «atteint les objectifs que nous nous sommes fixés».
Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales, notamment un retrait complet de la région de Donetsk, dans l’Est. Des exigences rejetées par Kiev, les assimile à une capitulation.
Pour sa part, l’Ukraine demande de longue date un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais Moscou rejette cette idée, arguant qu’une pause permettrait à l’armée ukrainienne de se renforcer.
Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des États-Unis n’ont pas permis de rapprocher les belligérants d’un accord.
Le président russe a répété qu’il fallait «laisser les spécialistes travailler, développer des solutions, et ensuite nous pouvons nous rencontrer».
Il a aussi remis en cause la légitimité politique de M. Zelensky, dont le mandat a expiré en 2024.
«Super»
Le président Zelensky insiste sur la nécessité d’une rencontre directe pour négocier les points les plus sensibles, dont les questions territoriales.
Sa proposition a été soutenue par Donald Trump et Emmanuel Macron.
«Je suis ravi qu’ils parlent de se rencontrer. Je pense que ça serait super qu’ils se rencontrent», a déclaré Donald Trump.
Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz doivent rencontrer dimanche à Londres Volodymyr Zelensky pour discuter du soutien à l’Ukraine.
L’Ukraine a intensifié ses frappes de drones sur les territoires occupés, en réponse aux bombardements russes.
Plus tôt, Zelensky avait affirmé que la Russie n’aurait «pas assez d’argent ni de capital politique» pour poursuivre la guerre.
Poutine a de son côté minimisé les difficultés économiques de la Russie, affirmant que la «dynamique économique est actuellement modérée».
Plus de quatre ans après le début du conflit, la Russie fait face à des sanctions occidentales, une inflation élevée et des tensions économiques.
Il a enfin rejeté l’idée d’une crise majeure, citant Mark Twain : «Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées».
AFP



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