Les États-Unis gagnent, l’Iran perd lourdement
©Ici Beyrouth

Avec une économie en chute libre et un appareil militaire gravement affaibli, le régime iranien découvre ce que signifie faire face à une politique étrangère américaine qui n’est plus dictée par la peur.

Si l’on se fie uniquement aux déclarations de certains dirigeants mondiaux ou aux pages Opinions de certains grands journaux nationaux, on pourrait croire que les trois derniers mois au Moyen-Orient ont été marqués par l’effondrement de l’économie américaine, la destruction de la puissance militaire des États-Unis et l’ascension de la République islamique d’Iran au rang de puissance capable de rivaliser avec Washington.

Si tel était réellement le cas, le régime iranien aurait sans doute immédiatement rétabli l’accès de sa population à Internet après des mois d’obscurité numérique, afin que chacun puisse célébrer sa force et sa gloire. Or, c’est l’inverse qui se produit. À mesure que les Iraniens retrouvent l’accès au Web et diffusent des témoignages sur la réalité du terrain à Téhéran et dans le reste du pays, le régime se montre de plus en plus paranoïaque. Car dès lors que l’on écoute la population iranienne, la façade soigneusement entretenue de force et de résilience commence à se fissurer.

Or la situation est la suivante: l’économie du régime est en chute libre, son appareil militaire a été anéanti, et ses attaques contre le transport maritime international ainsi que contre les infrastructures énergétiques du Golfe, loin d’être une démonstration de puissance, ressemblent davantage aux derniers soubresauts d’un régime en train de sombrer. Comme l’a déclaré devant le Congrès, en mai dernier, le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, l’armée américaine est parvenue à démanteler en seulement trente-huit jours quarante-sept années d’investissements militaires iraniens.

De nombreux Américains s’interrogent sur la nécessité même de cette guerre. Il existe une réponse techniquement exacte: grâce à son programme de production de missiles et de drones, l’Iran se rapprochait rapidement d’une capacité de dissuasion conventionnelle dangereuse qui lui aurait permis, si elle n’avait pas été neutralisée, de reconstituer son programme nucléaire sous une protection militaire renforcée.

Mais la vérité dépasse ce cadre: cette guerre dure depuis quarante-sept ans. Pendant que la République islamique et ses groupes terroristes affiliés tuaient des milliers d’Américains, les présidents américains, républicains comme démocrates, répondaient par une politique d’apaisement, de faiblesse et de crainte à l’égard de Téhéran.

L’Amérique est restée spectatrice tandis que ses ennemis tuaient des dizaines de ses soldats. Elle a laissé le régime iranien et son «axe de la résistance» accumuler d’immenses arsenaux d’armes sophistiquées. Républicains et démocrates se sont montrés tout aussi passifs lorsque l’Iran prenait des diplomates américains en otage, faisait exploser les casernes des Marines à Beyrouth, encerclait Israël, tuait des soldats américains en Irak ou préparait des projets d’assassinats contre des responsables américains sur le sol des États-Unis. Barack Obama et Joe Biden sont même allés jusqu’à récompenser la prise d’otages pratiquée par Téhéran par des versements de plusieurs milliards de dollars et à répondre à son chantage nucléaire par des accords sans réelle portée, se contentant de repousser le problème à leurs successeurs.

À l’inverse, l’approche du président Trump au Moyen-Orient ne repose ni sur l’apaisement ni sur la peur. Elle repose sur le courage.

Après les frappes décisives de l’année dernière, il aurait été extrêmement facile pour le président de proclamer la victoire et de laisser à ses successeurs le soin de gérer les menaces restantes émanant de l’Iran. D’un point de vue politique, à l’approche des élections de mi-mandat, l’option la plus confortable aurait consisté à ne rien faire: ignorer les drones et les missiles balistiques iraniens susceptibles de constituer un bouclier de dissuasion pour leur programme nucléaire, et fermer les yeux sur leur soutien au terrorisme.

Certains voient dans l’attitude intransigeante de l’Iran à la table des négociations la preuve que Téhéran conserve des leviers de pression. Mais il ne faut pas s’y leurrer. Cette posture maximaliste est avant tout un écran de fumée, une tactique éprouvée que le régime utilise précisément lorsqu’il se trouve dans une position de faiblesse. Les dirigeants iraniens savent qu’une apparence de soumission entraînerait davantage de pression ; ils s’efforcent donc de projeter une image de puissance qu’ils ne possèdent plus réellement.

Un scénario déjà vu. Pendant des années, l’Iran a retardé les négociations nucléaires et formulé des exigences maximalistes non pas parce qu’il était en position de force, mais pour gagner du temps et masquer l’ampleur de ses vulnérabilités. Aujourd’hui, alors que son armée est dévastée, que son économie perd chaque jour des centaines de millions de dollars de revenus pétroliers et que son réseau de relais armés manque d’armes comme de financements, les bravades observées à la table des négociations constituent davantage un aveu qu’une menace.

Je suis parfaitement consciente que la lutte contre la menace iranienne n’est pas chose aisée et qu’elle comporte un coût humain bien réel. Nous devons toujours honorer la mémoire des treize militaires américains courageux qui ont perdu la vie dans ce conflit. Mais leur sacrifice peut contribuer à mettre un terme à plusieurs décennies de guerre menée par l’Iran contre les États-Unis, leurs soldats, leurs citoyens et leur mode de vie.

Seul le courage peut nous conduire vers une situation de force et de sécurité, et nous rapprocher d’un avenir dans lequel le peuple iranien, comme les peuples du Moyen-Orient et du reste du monde, sera libéré du fléau que représente la République islamique d’Iran.

Cet avenir ne pourra toutefois jamais voir le jour si l’Amérique continue à être guidée par une politique de la peur. Une telle approche conduit à la faiblesse, et la faiblesse conduit inévitablement à la guerre — mais une guerre dictée par nos adversaires, et non menée selon nos propres conditions.

Grâce au courage exceptionnel de nos forces armées et à l’aide considérable apportée par Israël, les principaux scientifiques nucléaires iraniens ont été éliminés. Les installations nucléaires du pays sont en ruines. Nous avons endommagé ou détruit 85 % de la base industrielle iranienne liée aux missiles balistiques, aux drones et aux capacités navales. L’aviation militaire iranienne ainsi que ses systèmes de défense aérienne sont pratiquement inexistants. Plus de 150 navires iraniens reposent désormais au fond du golfe Persique, soit pratiquement l’intégralité de sa flotte.

Les forces de la République islamique ne peuvent plus l’emporter sur le champ de bataille. Elles concentrent donc leurs efforts sur le terrain qu’elles maîtrisent le mieux: la propagande. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle leur budget consacré à la propagande est six fois supérieur à celui alloué à la diplomatie.

Pourtant, ce que le régime omet de montrer dans ses vidéos de propagande, c’est le désespoir qui commence à s’installer. Un responsable iranien a reconnu que deux millions d’emplois avaient été perdus depuis le début de la guerre. La monnaie nationale s’est effondrée. Le gouverneur de la banque centrale iranienne a averti qu’il pourrait falloir douze années pour reconstruire l’économie du pays et que l’inflation pourrait atteindre 180 %.

Chaque jour que dure l’embargo pétrolier imposé par le président Trump, l’Iran perd 435 millions de dollars de recettes. Ces revenus constituaient la principale source de financement du budget militaire et des activités terroristes de la République islamique, alimentant directement les Gardiens de la révolution, le Hamas, le Hezbollah et les Houthis. Cette manne financière s’est désormais tarie.

Le régime n’est plus en mesure d’armer ou de réapprovisionner le Hezbollah, les Houthis, le Hamas ou les milices irakiennes en armements sophistiqués, une situation sans précédent. Les soldats du régime ne sont plus payés. Des désertions ont commencé à apparaître dans ses rangs. Tous ces handicaps qui pèsent sur l’effort de guerre iranien ne feront que s’aggraver à mesure que la pression américaine se poursuivra. Comme l’a montré l’exemple syrien, la loyauté des hommes de main ne dure que tant que les salaires continuent d’être versés.

Aujourd’hui, nous combattons le principal État soutien du terrorisme dans le monde. Nous nous battons pour qu’il ne puisse jamais acquérir l’arme nucléaire et pour qu’il ne soit jamais en mesure de faire obstacle aux efforts visant à entraver ses ambitions nucléaires. Nous menons ce combat selon nos propres termes. Nous avons décimé ses réseaux terroristes et détruit les armes qu’ils utilisaient pour faire la guerre et imposer l’oppression. Grâce au président Trump et à l’abandon d’une politique fondée sur la peur à l’égard de l’Iran, nous sommes en train de gagner.

 

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